APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
4 septembre 2008, par

Le pouvoir d’achat des Réunionnais n’est pas celui des économistes. L’Institut de la statistique l’a bien compris depuis sa dernière étude du mois de juillet. Elle a pris en compte le ressenti de la population en affinant son analyse. Ce sont surtout les plus aisés qui ont profité de cette hausse du pouvoir d’achat entre 2001 et 2006. La population modeste le reste, voire l’est encore plus. La moitié des Réunionnais vit avec moins de 790 euros mensuel.
Le pouvoir d’achat en hausse de 4,9% en 2007, et de 21% entre 2001 et 2006, cache une accentuation des inégalités. Il a profité aux plus démunis, avec le rattrapage de certains minima sociaux par rapport à l’hexagone, et surtout aux plus aisés. Au milieu, les autres catégories ont plutôt vu leur niveau de vie stagner, voire baisser.
Comment l’Insee en arrive-t-elle à ces conclusions ? L’institut de la statistique considère à la fois les revenus et la taille des ménages. Elle parle ainsi de niveau de vie, et non plus de pouvoir d’achat, calculé uniquement sur le revenu disponible, c’est-à-dire des revenus d’activité, des pensions et retraites, des revenus du patrimoine, des transferts en provenance d’autres ménages et des prestations, nets des impôts directs. « L’approche en termes de pouvoir d’achat reste donc imprécise dans le sens où elle ne prend en compte que des masses de revenu. Seule une mesure des revenus au niveau de chaque ménage, par enquête, peut permettre de disposer des statistiques par catégories de ménage », explique Pascal Chevalier, directeur régional de l’Insee Réunion. L’étude s’est appuyée sur l’enquête du budget des familles de 2006, réalisée auprès de 1000 ménages.
Inégalités criantes
Quand les Réunionnais affirment que leur pouvoir d’achat a régressé, ce n’est donc pas le fruit de leur imagination. Pour une part importante de la population, c’est effectivement le cas. Entre 2001 et 2006, l’ensemble de la population n’a pas profité de la même façon de cette augmentation des revenus, résultat d’une masse salariale et des prestations sociales en hausse. 5.000 emplois auraient été créés sur la période, et en 2002 le RMI a été aligné sur celui de la métropole.
« Selon la position dans l’échelle des niveaux de vie, on constate trois effets différents, affirme le directeur de l’Insee. Pour la catégorie des personnes les plus modestes (10% de la population), les niveaux de vie moyens ont augmenté sur la période, avec une hausse de 5%. Pour les individus modestes (40%), les niveaux de vie moyens ont stagné (...), voire diminué. A l’opposé, les niveaux de vie moyens ont augmenté pour la moitié de la population la plus aisée, et tout particulièrement pour les 20% les plus aisés, avec près de 8% sur la période ».
Le pouvoir d’achat des plus aisés
Cette hausse des niveaux de vie qui a surtout profité aux plus aisés à La Réunion contribue à accentuer les inégalités. Les plus aisés bénéficient aussi de la redistribution des revenus. L’Insee n’a pas analysé en détails cette redistribution, mais elles pourraient s’expliquer par le versement de prestations sociales comme les allocations familiales, les abattements d’impôts, etc...
Ainsi, les plus aisés concentrent les revenus encore plus qu’en métropole. « Alors qu’en France métropolitaine, les 20% d’individus les plus modestes détiennent près de 10% de la masse des revenus distribués, ils en détiennent 7,5% à La Réunion, précise l’Insee. Par contre, les 20% d’individus les plus aisés détiennent 37% de cette même masse en France métropolitaine, pour 45% à La Réunion ».
La Réunion n’est pas la France
Ces données sont toutefois à relativiser. Modestes ou aisés, les Réunionnais sont encore loin de la métropole. 52% des Réunionnais vivent en dessous du seuil de pauvreté, fixé 817 euros par mois. En France entière, 18% de la population vivent en dessous de ce seuil. L’Insee est même plus précis : la moitié de la population vit avec moins de 790 euros par mois en 2006 (ce niveau de vie atteignait 760 euros en 2001), alors qu’en métropole, le niveau de vie moyen s’élève à 1.030 euros par mois. Autre comparaison significative, les 10% les plus modestes de la population réunionnaise survivent avec moins de 390 euros mensuel, en métropole, ce revenu s’élève à 660 euros. Même constat pour les 10% les plus aisés : ils vivent à La Réunion avec un revenu supérieur à 1.970 euros par mois, contre 2.370 euros en hexagone. Revenus plus faibles, inflation plus forte, on comprend pourquoi les ménages peinent à s’en sortir.
Dépenses en plus : téléphone mobile et ordinateur
L’Insee s’est ainsi concentré sur les revenus pour mieux cerner la baisse du pouvoir d’achat ressentie par les ménages. Il n’a cependant pas tenu compte des dépenses dites contraintes dans son analyse, comme le remboursement d’emprunts, les loyers, les abonnements téléphoniques, Internet, les assurances. « Ce type de dépenses à pourtant pris une part considérable ces dernières années », ajoute Pascal Chevalier. Si 15% des ménages disposaient d’un ordinateur en 2001, 36% sont équipés en 2006, et s’en suivent les dépenses Internet. Idem pour le téléphone portable. De 45% des ménages en 2001, 70% disposent d’un mobile en 2006. Prochaine étape pour l’Insee, la prise en compte de ces modes de consommation dans son approche du pouvoir d’achat. Pour le reste, l’Insee évoque des éléments psychologiques qui jouent sur le ressenti des ménages. « Un individu restera plus marqué par une hausse de prix que par une baisse, surtout si elle touche un bien de consommation régulière et courante, comme le pain, le riz et l’essence », affirme Pascal Chevalier, soulignant ainsi que dans le même temps, les prix d’autres produits, comme les équipement informatiques ou les services d’assurance, diminuent... mais sans compenser les hausses.
Edith Poulbassia
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Mézami mi rapèl lo tan nou téi koné fé gran-gran lopérassion : kissoi bann miltiplikassion plizyèr shif, kissoi bann divizion, kissoi mèm lo (…)
L’ouverture aux services de l’Accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne, les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles (…)
In kozman pou la rout
Communiqué officiel du 40e Conseil des ministres de la COI
Qui a dit que le peuple réunionnais était condamné à subir les schémas descendants de la mondialisation marchande et à n’être que le spectateur (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture