Temoignages.RE - Home |   | Cont@ct  |  Flux RSS  Podcasts  Nous suivre sur Facebook  Nous suivre sur Twitter  Temoignages.RE on Google Plus  World Wide Web Consortium - W3C.org
Temoignages.re

Nout Zournal OnZeWéb

http://www.temoignages.re

Accueil du site> International> Afrique du Nord et Moyen-Orient

En Égypte il y a un an…

« La Journée de la Révolution »

26 janvier 2012 Céline TABOU

Entre ambiance de fête et esprit de contestation, islamistes, libéraux, partisans de gauche et citoyens ordinaires ont commémoré la « Révolution du 25 janvier ». Face à l’élan de joie, les problèmes persistent dans le pays.




Partager

Crise économique, répression contre les mouvements de contestation, l’armée s’est appropriée le pouvoir et tente de consolider ses positions dans le pays. Bien que des négociations soient en cours pour la passation de pouvoir aux Frères musulmans, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a consenti à lever l’état d’urgence qui était en vigueur depuis trente ans.

Pas si libres

Le pays connait une relative ouverture avec la création de chaîne privée et de nouveaux journaux, malgré cela, les militaires au pouvoir conservent une certaine main mise sur l’information. Les journalistes n’ont pas le droit de critiquer l’armée, sous peine de pression, tandis que les médias d’État, sous l’égide de l’armée, entament des campagnes de propagande et dénigrent les mouvements de contestation qui persistent au cœur du pays, a indiqué la journaliste de France-Info au Caire, Marion Guénard. « La désinformation joue contre les contestataires et les activistes qui demandent les Droits de l’Homme », a précisé cette dernière.
Depuis la chute du régime d’Hosni Moubarak, les militaires ont continué à réprimer les manifestants en utilisant du gaz lacrymogène, des matraques, des balles en caoutchouc et des munitions réelles, notamment des cartouches de fusil, pour « disperser de force des manifestants, et ont à plusieurs occasions foncé à bord de véhicules blindés sur des foules compactes pour les disperser et blesser les manifestants », a dénoncé Amnesty International. Au fil des mois, la méfiance persiste entre les militaires et les révoltés, car les mouvements pro-démocratie ont affirmé à l’“Agence France Presse” « venir pour poursuivre leur révolution inachevée et demander le départ du Conseil suprême des forces armées (CSFA) ».

Une passation de pouvoir contestée

Premier parti du Parlement, les Frères musulmans tentent de calmer la situation, en appelant à célébrer sereinement la journée de la révolution et à soutenir la transition conduite par l’armée. Cependant, de nombreux mouvements de contestation accusent la confrérie de « confisquer » la révolution et exigent « le départ immédiat des militaires ». Abdel-Rahmane Elzoghaimy, dirigeant du parti Tayar al-Masri et pilier de la Coordination de la jeunesse révolutionnaire, a contesté le passage de pouvoir : « C’est parce qu’ils croient pouvoir se mettre d’accord dans notre dos que nous devons redescendre dans la rue pour obtenir le départ immédiat des militaires et leur mise en accusation pour les crimes commis ».
De son côté, Ingy Hamdi, militante du Mouvement du 6 avril, a expliqué au “Figaro” que, pour sa part, « le CSAF n’est qu’un autre visage de Moubarak et aucun des objectifs de la révolution n’a été atteint depuis le 25 janvier dernier ». Les protestataires rappellent que les procès de civils devant des tribunaux militaires se sont poursuivis tout au long de l’année et accusent l’armée d’avoir harcelé les ONG et réprimé dans le sang plusieurs manifestations.

Le CSFA tente de calmer les militants

L’état d’urgence a été levé, sauf en cas d’actes de violence commis par des « voyous », dont la définition dépend de l’appréciation des militaires, ce qui fait redouter qu’elle continuera à être appliquée pour d’autres motifs. En guise d’ouverture et de concession, des responsables des services de sécurité ont indiqué que 1.959 prisonniers étaient en train d’être libérés, après avoir bénéficié d’une mesure de grâce samedi 21 janvier par le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées.
L’ordre de libérer les prisonniers est l’une des concessions faites par le maréchal Tantaoui à l’occasion de l’anniversaire de la révolte, dans une tentative apparente de calmer les militants qui réclament le départ du pouvoir des militaires. Le maréchal Tantaoui a également promis de remettre la totalité de ses pouvoirs à un gouvernement civil le 30 juin, quoi qu’il arrive. Toutefois, le doute persiste chez les militants qui déplorent que la lutte contre la corruption et la pauvreté n’ait pas avancé depuis la chute de Moubarak en février 2011.

Céline Tabou

Violences faites aux Femmes

Les violences faites aux femmes se sont accrues, notamment contre celles arrêtées en mars 2010, qui ont subi des « tests de virginité » forcés. En effet, selon un général cité par l’ONG, « ces femmes n’étaient pas comme votre fille ou la mienne. Il s’agissait de filles ayant campé sous des tentes avec des manifestants mâles (...). Nous ne voulions pas qu’elles disent que nous les avions agressées sexuellement ou violées, alors nous souhaitions prouver qu’elles n’étaient de toute façon pas vierges ». Pour Amnesty, cet aveu est « une justification profondément perverse d’une forme d’abus dégradant. Ce que ces femmes ont subi est ni plus ni moins de la torture. Les autorités égyptiennes doivent condamner les attitudes discriminatoires, abusives et insultantes invoquées pour justifier la torture de manifestantes, que l’on trouve visiblement au plus haut niveau ». Depuis la chute du régime, les femmes ont été des cibles pour l’armée, les soldats n’ayant pas hésité à frapper sauvagement, torturer et déshabiller les femmes qui manifestaient en décembre 2010.
Cette violence faite aux femmes n’est pas une première. En 2006, des blogueurs et journalistes égyptiens, dont Malek Mustafa, dénonçaient les viols subis par les femmes « voilées ou têtes nues, accompagnées ou pas, jeunes, adultes, vêtues de tenues moulantes ou cachées sous un ample khimar sombre, chaque femme qui passe connaît le même sort, encerclée par la meute, violée par des mains brutales » à “Libération”. En pleine fête religieuse, une horde d’hommes agressait toutes les femmes qui passaient. Ces agressions étaient démenties par le pouvoir de Moubarak, que les forces de l’ordre laissaient faire. Aujourd’hui, la situation reste tendue pour les femmes, dont le statut ne s’est pas amélioré avec la chute d’Hosni Moubarak.

Céline Tabou

Imprimer, Print


Partager

Répondre à cet article


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)


La Réunion -> Monde


La Réunion : Maison des civilisations et de l'unité réunionnaise
La Réunion : Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise


SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Témoignages - 6 rue du Général Emile Rolland - BP 1016 - 97828 Le Port Cedex
Annonces légales | Rédaction | Publicité
Directeur de publication : Jean-Max Hoarau | Mentions légales | Contacts

© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).

Haut