Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
“Alon filozofé” de Roger Orlu
9 février 2007, par

Il y a en moyenne 1 suicide tous les 3 jours à La Réunion. Environ 120 par an et plus de 3.000 tentatives. Un fléau encore plus tragique que la violence routière.
Au-delà des chiffres, la philosophie peut-elle être indifférente à ce phénomène de société où l’essentiel est la souffrance immense endurée par les personnes tentées de se suicider ?
Selon une étude, « la société réunionnaise connaît à l’heure actuelle d’énormes difficultés sociales avec une augmentation du nombre de tentatives de suicide ». « Le taux de suicides des adolescents à La Réunion a progressé en 20 ans 7 fois plus rapidement qu’en Métropole. Les conditions socioéconomiques et le taux d’alcoolisme masculin contribuent à destituer les hommes dans leur fonction parentale. La fréquence des échecs scolaires et des maltraitances et sévices sexuels à mineurs témoignent d’une défaillance parentale. Sur un plan social, le chômage massif des jeunes favorise la dépendance familiale. Ces spécificités régionales et socioculturelles participent sans doute à la fréquence des psychopathologies sous-tendant les passages à l’acte suicidaire en majorant et aggravant les enjeux propres à l’adolescence ».
Des professionnels de la santé et des travailleurs sociaux œuvrent à prévenir ces drames. Mais sont-ils assez nombreux pour y faire face ? Les services publics ont-ils les moyens d’accomplir ce travail ? Des associations de bénévoles se dévouent pour écouter et conseiller les personnes en difficulté. (1) Mais cela suffit-il ?
Selon des psychiatres, « le programme de prévention doit viser à transformer ce contexte socio-économique défavorable pour mieux l’adapter à l’individu : institutions plus humaines, services sociaux mieux adaptés... ».
La pratique philosophique - c’est-à-dire le fait d’essayer de réfléchir par soi-même et avec d’autres sur les problèmes de l’existence, sur le sens de la vie, sur l’amélioration de notre vivre ensemble - ne peut-elle pas être une contribution à la prévention du suicide ? Si la philosophie faisait partie de l’enseignement dès le plus jeune âge et durant toute la scolarité, elle aiderait les jeunes et les adultes à raisonner plutôt qu’à subir le poids des émotions et des souffrances mentales.
Le suicide est le thème central d’un livre d’Albert Camus, “Le mythe de Sisyphe”. Pour lui, « il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide ». Il montre en quoi « le suicide est une solution à l’absurde ». Cependant, même si le suicide était une manière de résoudre l’absurde, Camus le rejette car, selon lui, il ne faut pas résoudre l’absurde, mais l’affronter, par la révolte.
(1) SOS Solitude (Tél. 0800-100-925) ; Association prévention suicide (Tél. 0800-620-162).
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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Messages
15 avril 2008, 19:09, par mir007
quand il n’ya pas de liens solides avec la société, quand les articles de foi sont inexistants,quand on a pas quelques choses sur quoi se raccrocher le monde nous parrait dénué de sens et par là on peut facilement glisser vers lacte suicidaire