JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

La Réunion dit « non à la violence, oui à la vie, à la paix et à l’amour »

Marche Blanche à Saint-Denis

24 novembre 2008, par Manuel Marchal

Samedi dernier, de nombreuses Réunionnaises et de Réunionnais, de tous âges et de divers horizons et communes, se sont associés aux personnalités issues du monde économique, politique, social, associatif, religieux et culturel, pour participer à la Marche Blanche organisée à Saint-Denis et ainsi dire non à la violence faite aux femmes. L’autre objectif était de réaffirmer haut et fort leur volonté commune de redoubler de mobilisation et amplifier la lutte, pour dessiner les contours d’une société dans laquelle l’épanouissement de chacun serait garanti, à travers le respect de tous les droits humains.

« En ce jour, nous devons rendre un vibrant hommage à Huguette Bello, le précurseur du combat pour la défense des droits des femmes » : c’est ainsi que Nassimah Dindar, la présidente du Conseil général, a salué le travail de longue haleine initiée par la députée-maire de Saint-Paul au sein de l’UFR. Un travail en faveur de l’avènement d’une société enfin plus apaisée et réconciliée avec elle-même, menée aux côtés de diverses associations et organisations politiques.
Le défilé fit une halte devant la Mairie de Saint-Denis. Cette occasion a été saisie par la Municipalité pour présenter une charte.

Réunionnaises et Réunionnais ensemble pour dire non aux violences contre les femmes.
(photo Toniox)

Espoir et détermination

Car, ainsi que ne l’ont cessé de dénoncer les manifestants, la liste des victimes des violences ne cesse de s’allonger de jour en jour. A travers tous les mots d’ordre, scandés lors de la Marche Blanche organisée depuis le Jardin de l’Etat jusqu’au Barachois, un même message, jailli de tous les cœurs : « Non à la violence ! ». Non à cette gangrène dont les répercussions sur la cellule familiale, la réussite scolaire des marmailles, la santé, le bien-être ensemble notamment, peuvent être désastreuses.
Derrière les pancartes revendicatives portées haut et fort, un même message associant refus et condamnation de la violence, mais aussi espoir et détermination à poursuivre la lutte.
Un double message porté par des milliers d’anonymes et de personnalités qui, en transcendant les clivages et en défilant côte à côte, ont donné une éclatante démonstration d’une Réunion pluriannuelle et inter-générationnelle, parlant d’une seule et même voix sur un sujet essentiel et nous concernant tous. Une attitude porteuse d’espoir pour les autres dossiers prioritaires en matière de lutte pour le développement, l’épanouissement et donc la cohésion sociale.
Un message rappelé, de nouveau, par les divers intervenants, après l’arrivée du cortège au Barachois.

Marylène Berne. « Nous devons continuer la lutte pour que nos filles et petites-filles ne soient plus obligées de descendre dans la rue pour réclamer le droit au respect ».
(photo MM)

Hommage unanime à Huguette Bello

Une occasion supplémentaire pour les divers intervenants de renouveler leur appel au redoublement de la mobilisation pour amplifier la lutte pour la mise en place de cette loi-cadre, réclamée depuis des années par l’UFR et reprise en chœur par toute La Réunion.
Transition trouvée pour un nouvel hommage unanime à la lutte incarnée par Huguette Bello, dont les unes et les autres ont salué le courage, le militantisme, la combativité, à l’image de Marylène Berne qui, dans une allocution très touchante, a rappelé notamment ceci : « Les femmes n’en peuvent plus d’être victimes de sévices par ceux qui devraient les aimer et les respecter (...). Nos mémoires sont chargées de noms de victimes de violences conjugales, et la liste est interminable. Notre destin n’est pas d’être battues, violées, humiliées, assassinées. Nous devons continuer la lutte pour que nos filles et petites-filles ne soient plus obligées de descendre dans la rue pour réclamer le droit au respect ». Une dernière phrase qui résume tristement ce combat engagé par la députée-maire de Saint-Paul, qui se bat depuis des années : la lutte pour le droit au respect, à la paix, à l’amour. Autrement dit, le droit pour tous de Vivre et non plus de subir, tout simplement.

Manuel Marchal

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