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GERI : lancement officiel de "La Réunion 2030"
13 février 2008
Faire de La Réunion une terre d’application des nouvelles technologies dans le domaine des énergies renouvelables. C’est l’objectif du programme La Réunion 2030 lancé cette année. Sa mission de préfiguration, présentée hier, s’inscrit dans le prolongement des conclusions du Grenelle de l’Environnement. La Réunion 2030 conforte également un des axes de la politique du Conseil régional depuis 1998 : transformer le handicap de l’insularité sous un climat tropical en un atout pour relever le défi du développement durable.
Green Energy Reunion Island ou GERI : c’est le nom proposé pour le programme La Réunion 2030. Son objectif est de faire de La Réunion une terre d’application des nouvelles technologies dans le domaine des énergies renouvelables. Le préfet a d’ailleurs plusieurs fois réaffirmé ce principe : La Réunion doit toujours être en avance sur la Métropole dans la mise en œuvre de ces technologies. La Réunion 2030 s’inscrit pour l’État dans le prolongement du Grenelle de l’Environnement. Le discours de clôture de cette série de débats avait d’ailleurs été marqué par une déclaration du président de la République. Nicolas Sarkozy s’était engagé à lancer le programme Réunion 2030 dès cette année.
Dans ce cadre est donc mise en œuvre, à partir de la semaine prochaine, une mission de préfiguration de GERI. Dirigée par Pierre-Alain Roche, ingénieur des Ponts et Chaussées, cette mission doit établir les premiers contacts avec tous les acteurs impliqués dans la promotion des technologies du développement durable à La Réunion.
Doivent ensuite avoir lieu des points réguliers afin de faire émerger des idées originales, tirées des expériences concrètes menées à La Réunion. C’est donc l’occasion pour notre île de transformer ces handicaps en atouts, a dit en substance le préfet.
Les différentes actions prévues se déclinent autour d’un axe principal, le transport, et 4 programmes secondaires : la production d’énergie "propre", le stockage de l’énergie, l’habitat HQE et le tourisme. Elles seront phasées en deux périodes : avant et après 2012.
Le préfet a rendu un hommage appuyé à l’action menée depuis de nombreuses années à la Région pour le développement durable. GERI rassemble également les acteurs de "La Réunion île verte", projet mis en place par les acteurs économiques de La Réunion afin d’aller vers un développement harmonieux intégrant les atouts de notre île en matière de développement durable.
Politique énergétique régionale confortée
Lors de son intervention, Philippe Berne, Vice-président de la Région, s’est félicité que « le soubassement mis en place par la Région, conforté par le Grenelle de l’Environnement », se traduise par des actions concrètes soutenues par l’État. Le vice-président de la Région met en avant les outils existants. Il s’agit en premier lieu du PRERURE, qui vise à atteindre en 2025 l’autonomie énergétique en termes de production d’électricité.
Philippe Berne relève également l’importance des actions de maîtrise de l’énergie, de la création de l’ARER et du travail accompli dans le domaine du stockage de l’énergie, du rassemblement des professionnels de l’industrie réunionnaise des énergies renouvelables au sein de TEMERGIE, présidée par Michel Dijoux, ainsi que le bon niveau de formation des Réunionnais dans ce secteur d’avenir, grâce notamment à l’IUT de Saint-Pierre.
Concernant les pistes à explorer, Philippe Berne évoque l’importance d’avancer sur le maillage du tram-train et des autres réseaux de transport public, ce qui entre en plein accord avec l’axe de travail principal de la mission de préfiguration de Réunion 2030. Autre question liée : la liaison entre le transport et l’urbanisme avec la réflexion autour des moyens à mettre en œuvre pour densifier l’habitat autour des gares du tram-train.
Le vice-président de la Région évoque aussi la nécessité d’avancer sur la réglementation thermique. Il met également le doigt sur le problème des financements, et notamment sur ceux de l’État. Pour le préfet, cet engagement correspond à « un support à une volonté politique ».
15.000 à 17.000 emplois
Autre chantier : celui de la communication. « Ils faut que les Réunionnais soient fiers de ce qu’ils sont capables de faire », dit en substance Philippe Berne, qui conclut son intervention sur l’importance des gisements d’emplois dans les énergies renouvelables.
Un point de vue partagé par Michel Dijoux, Président de TEMERGIE. Conscient de vivre « un moment historique », le dirigeant d’entreprise rappelle que l’industrie des énergies renouvelables pourra créer au cours des 15 années à venir entre 15.000 et 17.000 emplois.
Le programme Réunion 2030 est, pour Michel Dijoux, « un prolongement de toutes les politiques déjà mises en place ». « Au moment où nous avons créé le PRERURE, nous savions qu’un jour, un tournant allait arriver », un tournant qui allait placer les énergies renouvelables au cœur de la bataille pour le développement tout en faisant de La Réunion une référence internationale en la matière. Car, pour le président de TEMERGIE, GERI va donner les moyens à La Réunion d’être une terre d’exportation de ces nouvelles technologies.
Pour conclure, le préfet note que Réunion 2030 vise en effet à donner une image nouvelle de l’Outre-mer, afin d’en faire un lieu d’expérimentation et d’anticipation. Quant à Pierre-Alain Roche, il compare ce programme à une initiative du gouvernement chinois sur une île voisine de Shanghaï confrontée au même défi démographique : 700.000 habitants aujourd’hui, 1 million dans moins de 20 ans.
Plus que jamais, le moment est venu d’imaginer des réponses originales aux défis posés par les grands enjeux du 21ème siècle : démographie, changement climatique et mondialisation.
Cela ne pourra que renforcer les richesses que La Réunion apporte à la France et à l’Europe. Une réalité prise en compte au plus haut niveau, comme l’avait déjà souligné en septembre dernier une déclaration de Joe Borg, Commissaire européen à la Pêche, lors du séminaire RUPMER à la Région : les atouts de La Réunion sont « un actif essentiel pour l’Union Européenne ».
Manuel Marchal
Les partenaires de Réunion 2030
Confiée à Pierre-Alain Roche, la mission de préfiguration du programme "Réunion 2030" a été présentée hier publiquement en présence du Préfet Pierre-Henry Maccionni ; de Philippe Berne, Vice-président de la Région ; de Nassimah Dindar, Présidente du Conseil général, de 2 parlementaires, René-Paul Victoria et Jean-Paul Virapoullé ; d’Alain Bénard, Maire de Saint-Paul ; de Jean-Yves Minatchy, Président de la Chambre d’Agriculture ; d’Eric Magamootoo, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie ; de Franck Robert, Président par intérim de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat.
Parmi les autres participants : Maurice Cérisola, Président de La Réunion Economique ; Michel Dijoux, Président de TEMERGIE ; Anil Cassam-Chenaï, Président de l’ARTIC ; ainsi que François Caillé, Président du MEDEF-Réunion ; Pascal Thiaw-Kine, Président de la CGPME-Réunion et Christian Tillon, Secrétaire général de la FRBTP.
Construire de nouvelles villes
René-Paul Victoria et Alain Bénard ont évoqué un projet commun : celui d’implanter à Saint-Denis et à Saint-Paul une ville nouvelle bâtie concrétisant les concepts du développement durable. Situées respectivement à La Montagne et à Cambaie, ces deux "ecopolis" seront la préfiguration de la ville du 21ème siècle, plaçant l’humain et l’environnement au cœur des préoccupations.
Pour sa part, Jean-Paul Virapoullé a évoqué la construction d’une pile de stockage d’énergie sur le territoire de sa commune en 2008 par EDF. Il s’est également situé à contre-courant en mettant en avant un projet de stockage d’hydrocarbure à Bois-Rouge, ainsi que celui du port en eaux profondes à Bois-Rouge : une annonce accueillie par quelques sourires révélateurs.
Le consensus pour réussir
Les représentants du monde économique ont mis en avant la nécessité de "jouer groupé". « Nous devons être solidaires. Nous avons travaillé à un projet "La Réunion île verte" (...). La Réunion est une île jeune de par sa population, la machine est lancée », a dit Maurice Cérisola, Président de La Réunion Économique. Etre fédérateur est le mot d’ordre d’Eric Magamootoo, Président de la CCIR.
Pour Franck Robert, Président par intérim de la CMA, il est important de ne pas rater le coche, tout en prenant en considération la dimension humaine afin que cette dernière ne soit pas noyée dans un projet privilégiant l’aspect économique stricto sensu.
Jean-Yves Minatchy, Président de la Chambre d’Agriculture, met l’accent sur la préservation du foncier. Une « question primordiale » à laquelle le préfet se déclare « extrêmement attentif ».
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