Collectivités

Au Conseil municipal de Saint-André, le changement, ce n’est pas encore maintenant !

Saint-André

Témoignages.re / 27 juin 2013

Vraiment très instructif le fait d’assister à une séance du Conseil municipal de Saint-André dans sa configuration où l’ancienne majorité est devenue opposition et l’ancienne opposition, majorité, dans une version toutefois désormais estampillée PLR, hormis quelques électrons libres incorrigiblement affidés du PCR.

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A l’intérieur des murs de la mairie, la séance du dernier Conseil municipal a débattu d’un investissement de 105 millions d’euros pour un TCSP. Mais tous les élus ont-ils bien étudié le dossier ?

Il n’y avait rien de véritablement excitant dans l’ordre du jour, même si certaines questions avaient été rendues plus sensibles par une actualité récente, comme celle de la potabilité de l’eau distribuée à Saint-André, récemment mise en cause par un traitement sans trop de nuances de plusieurs médias. La question de loin la plus importante, aussi bien par son impact financier prévu (105 millions d’euros), que par ses répercussions sur le paysage urbain et le temps qui lui a été consacré dans la discussion, aura été celle du projet TCSP reliant Saint-André à Saint-Benoît via Bras-Panon.

Une discussion cependant réduite pour l’essentiel à un dialogue entre trois élus le maire, Jean-Marie Virapoullé pour l’opposition, et Jacky The Seng, fidèlement affublé de l’horrible étiquette PCR. Comme tout projet émanant de techniciens de bureaux d’études, celui-ci requiert une prise de recul suffisante de la part des élus qui s’en remettent souvent trop facilement aux propositions des techniciens. Mais visiblement, un nombre plus que réduit de conseillers avait pris la peine de consulter le volumineux dossier du projet de TCSP couplé à celui de la gestion de l’écoulement des eaux pluviales le long de l’itinéraire projeté.

Des invectives

Que dire alors de la difficulté pour le citoyen ordinaire de donner son avis à l’occasion de l’enquête publique [1], actuellement en cours ? On notera enfin qu’il faut vraiment avoir la foi du charbonnier pour compter sur un soutien financier significatif de la Région pour ce projet, compte tenu de la situation financière où elle s’est toute seule empêtrée pour les années à venir.

C’est beaucoup plus la question de l’ambiance de cette séance du Conseil Municipal du mardi 25 juin qui mérite de retenir l’attention.

Sans vouloir béatement rêver d’une atmosphère de débats qui s’apparenterait à celle du royaume des Bisounours, on reste toutefois sur un sentiment de malaise, pour ceux qui ont connu les séances houleuses de l’époque où siégeait Laurent Vergès en face de Jean-Paul Virapoullé. Il y a, certes, des progrès. Mais que dire des incessantes invectives dans le dos de Jean-Marie Virapoullé dès qu’il prenait la parole ? Ceux ou celles qui les profèrent aujourd’hui ignorent visiblement tout de ce que pouvaient ressentir Laurent Vergès et ses camarades lorsqu’ils subissaient le même sort.

Bêtise politique

Le minimum d’intelligence démocratique ne consisterait-il pas à simplement respecter l’adversaire, comme nous le réclamions alors ? Quant au maire, qui a la responsabilité de la police de l’assemblée, il s’est bien gardé d’intervenir pour rappeler à l’ordre, lorsque, à une ou deux reprises, le ton a quelque peu monté. Cependant, le summum de la bêtise politique labellisée PLR, s’est exprimé lorsque sur un vote concernant des travaux autour de la Maison Valliamé, Jacky The Seng s’est abstenu comme ont aussi choisi de le faire Jean-Marie Virapoullé et ses colistiers : « La voilà la confirmation de l’AXE ! » (sous-entendu PCR/Virapoullé - NDLR).

Une pensée politique aussi courte que la coupe de cheveux de celle qui l’a proférée !

J. Paul Ciret

[1Dont l’avis n’a évidemment pas été transmis à “Témoignages” au nom d’une démocratie à géométrie très variable !


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