Collectivités

Création de deux nouveaux dispositifs sociaux

Séance publique et Commission permanente du Conseil général

Témoignages.re / 17 décembre 2011

La Séance publique du Conseil général en date du 16 décembre, présidée par Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, a approuvé le Budget primitif 2012 de la Collectivité ainsi que la mise en œuvre de nouveaux dispositifs, la Maison des Assistantes Maternelles et “SOS Zamal” ou de dispositifs rénovés tels que le “Chèque Santé 2012”.
A l’issue de la Séance publique, une Commission permanente s’est également tenue.

Les conseillers généraux d’opposition s’étaient réunis dès 8h30 devant le portail du Conseil général. Les anciens salariés de l’ARAST campent devant cette entrée depuis une quinzaine de jours. Ils réclament toujours le versement de leurs indemnités de licenciement suite à la liquidation de l’association par le Tribunal de commerce en décembre 2009.
« Nous sommes venus dire que le budget primitif proposé par la majorité est insincère », déclare Cyrille Melchior, conseiller général de Saint-Paul. L’élu note que son groupe ne votera pas le budget « si cette dépense n’est pas incluse ». « Le tribunal des Prud’hommes de Saint-Pierre a ordonné qu’un million et demi d’euros soit versé aux salariés au titre de leurs indemnités de licenciement », rappelle l’élu saint-paulois. Le Conseil général a fait appel de cette décision. « En attendant, le Département doit verser cette somme quitte à se faire rembourser par l’AGS pour le cas où cette Caisse de garantie des salaires serait reconnue par la Cour d’appel redevable de cette somme », estime Cyrille Melchior.
Le groupe d’opposition a déposé une motion allant dans ce sens en début d’Assemblée plénière. « Nous n’avons pas attendu pour le faire, cette somme a déjà été budgétée pour 2012. Vous devez d’ailleurs le savoir puisque cela est inscrit dans les documents qui vous ont été transmis. Je ne veux pas de récupération politique dans ce dossier », a répondu Nassimah Dindar.
Visiblement prise de cours, l’opposition n’a pas répliqué sur le sujet. Cyrille Melchior a repris la parole pour s’indigner que « des femmes pacifistes aient été frappées par des vigiles, cela alors qu’elles voulaient simplement assister à l’Assemblée plénière qui est publique ». La présidente l’invitait alors à porter plainte. « S’il y a eu des violences, si des vigiles ont frappé des gens, je serai à vos côtés pour porter plainte. Ni moi, ni aucun élu n’a donné l’ordre de frapper qui que ce soit. Je demande aux témoins de ces actes de donner les noms des auteurs de ces faits inacceptables », a lancé Nassimah Dindar.
Les esprits semblaient alors sur le point de se calmer lorsque Ibrahim Dindar, vice-président de la collectivité, a pris la parole pour « condamner l’attitude misérable consistant à pousser des femmes contre des vigiles ». Il s’est ensuite étonné de la sympathie « à deux vitesses » que manifestent les élus de l’opposition. « Vous soutenez les ex-salariés de l’ARAST, mais vous n’avez aucune sympathie pour les milliers de salariés du BTP licenciés, aucune sympathie non plus pour les jeunes sans travail », assénait le vice-président de la collectivité. « Je trouve assez minable cette manière de surfer sur la misère sociale », reprochait l’élu de la majorité.
Cette fois, le débat tournait à la foire d’empoigne. Cyrille Hamilcaro, élu de l’opposition de Saint-Louis, voulait à toute force prendre la parole, « pour condamner les propos d’Ibrahim Dindar ». Pierre Vergès, vice-président du Département, essayait de ramener un peu de sérénité en notant : « Nous donnons une image pitoyable de cette assemblée. Je propose que l’on vote pour savoir si les élus veulent ou non poursuivre ce débat ». Gilbert Annette, conseiller PS de Saint-Denis, abondait dans ce sens. Finalement, tous les élus de l’opposition ont décidé de quitter l’hémicycle. Le calme est alors revenu. Yolaine Cuvelier, ex-salariée de l’ARAST, a éclaté en sanglots. « Je ne suis ni de droite, ni de gauche, je veux simplement le soutien des élus de droite et de gauche pour obtenir mon bon droit. On a l’impression que notre situation est au cœur d’une bataille entre majorité et opposition, on se sent manipulés », commentait-elle, larmes aux yeux.

Avec Imaz Press Réunion


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