Collectivités

« Il manquera près de 10 milliards d’euros aux collectivités en 2012 »

Philippe Laurent, président de la Commission des Finances de l’Association des maires de France

Témoignages.re / 21 janvier 2012

"Acteurs publics" signalait hier que, selon le président de la Commission des Finances de l’Association des maires de France, il manquera 10 milliards d’euros aux collectivités. Cette nouvelle a été publiée dans un entretien paru dans "La Tribune" de jeudi. Les collectivités sont en effet confrontées aux conséquences de l’effondrement de Dexia, et à la frilosité de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Dans une interview parue jeudi dans "La Tribune", Philippe Laurent, président de la Commission des Finances de l’Association des maires de France, tire la sonnette d’alarme : « sur 16 à 18 milliards d’euros en besoins d’emprunt, il manquera cette année près de 10 milliards aux collectivités ».
Ce déficit est lié à une restructuration du secteur bancaire. D’après Philippe Laurent, il ne reste que deux banques qui prêtent encore aux collectivités, Caisse d’Épargne et Crédit Agricole. Cette année, elles prêteront environ 8 milliards d’euros aux collectivités, affirme-t-il.
« Elles risquent d’être seules à soutenir financièrement les collectivités cette année : le leader historique du marché n’a aujourd’hui plus d’activité de prêt. La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) craint pour son Triple A et ne veut pas remettre au pot comme en 2011. Et pour ne rien arranger, les négociations pour la création de la nouvelle banque des collectivités locales, qui doit être gérée par la Banque postale et la CDC, coincent ».
Les conséquences seront lourdes, car Philippe Laurent rappelle le poids des investissements des collectivités dans l’économie en France, 50 milliards d’euros : « 30 milliards se font par autofinancement, 10 proviennent de recettes diverses spécifiques à l’investissement (5 à 6 milliards de remboursements de TVA, ventes d’actifs, amendes de police, compensations de taxe...), le reste vient de l’endettement. Si nous sommes contraints de réduire notre part d’autofinancement, je suis convaincu qu’on aura une diminution significative des investissements avec le report des chantiers prévus. Cela va surtout se ressentir à partir de 2013 ».
À La Réunion, l’autofinancement des collectivités est nettement plus faible qu’en France, ce qui signifie que le recours à l’emprunt est plus important pour les investissements. Comment les collectivités pourront-elles faire face au renchérissement probable du crédit puisqu’il y aura moins d’argent disponible, et seulement deux banques sur le marché ?

De combien Didier Robert a-t-il endetté les Réunionnais ?

La perte du Triple A par la France et l’alerte lancée par le président de la Commission des Finances rendent encore plus urgente la demande de transparence sur les conditions du prêt à taux variable de 500 millions d’euros accordé à Didier Robert par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).

Les propos du président de la Commission des Finances de l’AMF décrivent une CDC frileuse, « qui ne veut pas remettre au pot comme en 2011 » et qui traine des pieds pour relancer une banque de prêts aux collectivités.

À partir de là, comment ne pas s’interroger sur le montant que les Réunionnais devront effectivement rembourser à la CDC pendant 40 ans, c’est-à-dire bien après que Didier Robert ait disparu de l’actualité.


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