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140ème anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi

Journée internationale de la non-violence

Risham Badroudine / 2 octobre 2009

Le 2 octobre, anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, a été décrété par les Nations Unies Journée internationale de la non-violence.
Notre planète aura bientôt 10 milliards d’habitants. Face aux violences commises chaque jour à travers le monde, nous devons tirer des enseignements du Mahatma afin d’apprendre à vivre ensemble, débarrassés de tout esprit sectaire, pour progresser vers l’égalité et la fraternité.

Mohandas Karamchand Gandhi, né à Porbandar, Gujarat, le 2 octobre 1869, mort à Delhi le 30 janvier 1948, était un dirigeant politique, important guide de l’Inde et du mouvement pour l’indépendance de ce pays. Il est communément connu et appelé en Inde et dans le monde comme Mahatma Gandhi (grande âme), voire simplement Gandhi, Gandhiji ou Bapu (Père de la nation indienne).

Désobéissance civile et totale non-violence

Gandhi s’est appuyé sur la désobéissance civile de masse et sur l’ahimsa (totale non-violence) afin de conduire l’Inde à l’indépendance. Gandhi a inspiré de nombreux mouvements de libération et de droits civiques autour du monde et de nombreuses autres personnalités comme Albert Schweitzer, Martin Luther King, Steve Biko ou Aung San Suu Kyi. Gandhi a été très critique envers la modernité occidentale, les formes d’autorité et d’oppression.
Le Mahatma a été reconnu comme le Père de la Nation en Inde, son anniversaire y est une fête nationale. Cette date a été déclarée Journée internationale de la non-violence par l’Assemblée générale des Nations Unies.
Avocat ayant fait ses études de Droit en Angleterre, Gandhi développa une méthode de désobéissance civile non-violente en Afrique du Sud, en organisant la lutte pour les droits civiques. À son retour en Inde, Gandhi organisa les fermiers et les travailleurs pauvres pour protester contre les taxes jugées trop élevées et la discrimination étendue et porta sur la scène nationale la lutte contre les lois coloniales créées par les Britanniques. Devenu le dirigeant du Congrès national indien, Gandhi mena une campagne nationale pour l’aide aux pauvres, pour la libération des femmes indiennes, pour la fraternité entre les communautés de différentes religions, pour une fin de l’intouchabilité et de la discrimination des castes et pour l’autosuffisance économique de la nation, mais surtout pour le Swaraj — l’indépendance de l’Inde de toute domination étrangère.
Gandhi conduisit la marche du sel, célèbre opposition à la taxe sur le sel. C’est lui qui lança également l’appel au mouvement Quit India le 8 août 1942. Il fut emprisonné plusieurs fois en Afrique du Sud et en Inde pour ses activités ; il passa en tout six ans de sa vie en prison.
Adepte de la philosophie indienne, Gandhi vivait simplement, organisant un ashram qui était autosuffisant. Il faisait ses propres vêtements — le traditionnel dhoti indien et le châle — avec du coton filé avec un charkha (roue). Il pratiquait de rigoureux jeûnes sur de longues périodes comme moyen de protestation.
Le jour de l’indépendance, le 15 août 1947, Gandhi ne participe pas aux festivités avec le reste de l’Inde, mais reste seul à Calcutta, portant le deuil de la partition et travaillant à l’arrêt des violences. Après l’indépendance, Gandhi se concentre sur l’unité entre hindous et musulmans. Il construit un dialogue avec les dirigeants des deux communautés, travaillant à atténuer les tensions dans le Nord de l’Inde et le Bengale. Gandhi va jusqu’à dire : « La mort serait une glorieuse délivrance pour moi plutôt que d’être le témoin impuissant de la partition de l’Inde ».
Il lance son dernier jeûne à Delhi le 13 janvier 1948 à l’âge de 78 ans, demandant que toute violence communautaire cesse définitivement.
Le 30 janvier 1948, en chemin vers une réunion de prière, Gandhi est abattu par balles près de Birla House, à New Delhi, par Nathuram Godse, un hindou radical qui a des liens avec le groupe extrémiste Hindu Mahasabha.
Lors de ces funérailles, Jawaharlal Nehru s’adresse en ces termes à la nation à la radio : « Amis et camarades, la lumière a quitté nos vies, l’obscurité est partout, et je ne sais pas trop quoi vous dire et comment vous le raconter. Notre dirigeant bien aimé, Bapu comme nous l’appellions, le Père de la nation, n’est plus. Peut-être ai-je tort de dire cela ; néanmoins, nous ne le verrons plus comme nous l’avons vu toutes ces années, nous ne pourrons plus lui demander conseil ou consolation, et c’est un coup terrible, pas seulement pour moi, mais pour des millions et des millions dans ce pays ».

La voie de la co-responsabilité

Comme le souligne Ary Yee Chong Tchi Kan dans son livre "Réconciliation et fraternité", « il faut retenir qu’en tout temps, en tout lieu, les partisans du progrès affrontent ceux de la perpétuation des divisions. Des alliés objectifs se recrutent dans les deux camps. Les diviseurs se proclament toujours comme les gardiens de la pureté de leur chapelle. Ils ont uni par la radicalisation. Mais, avec bientôt 10 milliards d’habitants, notre planète peut-elle réellement emprunter d’autres voies que celle de la co-responsabilité, débarrassée de tout esprit sectaire, pour progresser vers l’égalité et la fraternité ? Dans ce domaine, plus qu’ailleurs, l’expérience sert de référence ».
À ce propos, le Mahatma nous cite : « Quand je désespère, je me souviens que tout au long de l’histoire, la voie de la vérité et de l’amour a toujours triomphé. Il y a eu dans ce monde des tyrans et des assassins, et pendant un temps, ils peuvent nous sembler invincibles, mais à la fin, ils tombent toujours. Pense à cela… toujours ».

Risham Badroudine


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