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A l’image des liens entre la Ville et le peuple chagossien

Inauguration de l’avenue des Chagos samedi prochain au Port

Témoignages.re / 21 mars 2013

L’inauguration de l’avenue des Chagos marquera une date importante dans l’histoire de la cité maritime. Comme l’a dit Jean-Yves Langenier, maire de la ville, lors d’une conférence de presse tenue hier en présence d’Olivier Bancoult, dirigeant du Groupe Réfugiés Chagos, cette inauguration d’un élément majeur du Mail de l’Océan constitue un double temps fort. Temps fort de la mise en œuvre du projet d’ouverture de la ville sur la mer. Mais aussi temps fort d’une solidarité active envers le peuple chagossien, peuple de l’océan Indien déraciné de ses îles natales en toute violation des droits humains.

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Cette solidarité ne date pas d’hier. « Toujours la cause chagossienne a été chère au cœur des Portois », a rappelé Jean-Yves Langenier. C’est à partir de ce sentiment solidaire que fut prise la décision municipale de dénommer avenue des Chagos la dernière étape du “mail de l’Océan”, itinéraire visant à relier la ville à la mer à travers une nouvelle voie urbaine s’étirant du rond-point de la Rose des Vents jusqu’à la place de la Pointe-des-Galets, dans l’axe du bassin dévitage du port.

Cette ouverture sur la mer vise à « retrouver une synergie entre le centre-ville et son port » , un port inauguré en 1886, un peu moins de 10 ans avant la création de la Ville (1895). Au fil du temps, une séparation avait prévalu, qui va être abolie aujourd’hui. Que le centre-ville et son port vivent à l’unisson, comme ce fut le cas naguère, tel est le sens du projet de ville. L’espace portuaire va contribuer lui-même à cette ouverture, avec en premier lieu la réalisation prochaine d’une darse de plaisance, prélude à une rénovation complète du vieux port Ouest.

L’avenue des Chagos est donc le dernier maillon qui vient boucler le Mail de l’Océan. Elle démarre à la jonction des boulevards de Verdun et de Strasbourg (gare routière) et fait la liaison entre la rue de Cherbourg et la rue François de Mahy, récemment rénovée. Elle fait 350 mètres de long et 19 mètres de large. Elle sera ponctuée de services et d’espaces publics, de commerces, de logements, d’une école, d’un équipement Petite enfance, etc.

Olivier Bancoult, quant à lui, a rappelé que l’amitié liant la Ville aux Chagossiens remonte à de longues années. La première conférence de presse donnant un écho international à la cause chagossienne s’est déroulée au Port en 1989. Depuis, « l’élan est allé en grandissant » . Le dirigeant du Groupe Réfugiés Chagos — qui célèbre cette année ses 30 ans d’existence et de luttes — s’est dit très honoré de cette initiative de la mairie, une « dénomination qui restera mémorable et historique » .

Olivier Bancoult a rappelé que la déportation des Chagossiens de leurs îles natales, toujours actuelle en fait, a engendré des souffrances brûlantes et très profondes. « Nous sommes toujours empêchés de retourner sur notre terre » . D’où les innombrables combats menés auprès des tribunaux britanniques, certains gagnés, puis annulés, puis regagnés, puis au final perdus, au mépris de leurs droits les plus sacrés. « Nul ne peut être interdit de vivre dans son pays » . C’est un des droits humains les plus fondamentaux. Et pourtant, c’est ce droit imprescriptible qui leur est dénié.

Des actions sont à nouveau en cours. Dès le mois d’avril, la Haute Cour de Londres va juger le recours introduit par les Chagossiens contre la création par la Grande-Bretagne d’un Parc marin, qui n’a d’environnemental que le nom, puisqu’il est issu d’une machination grossière montée dans le but d’exclure à jamais les Chagossiens. Et en avril aussi, c’est devant la Cour criminelle internationale de La Haye que le G.R.C. portera la revendication chagossienne, face au crime commis par la Grande-Bretagne, en collusion avec les U.S.A.

Pour sa part, Georges Gauvin, le président du Comité Solidarité Chagos La Réunion, a évoqué, à la source de la création de ce Comité, « une injustice tellement énorme, un traumatisme tellement douloureux » .

« Tous les États riverains de l’océan Indien sont concernés, a ajouté Jean-Yves Langenier. Il faut continuer à les sensibiliser, pour que le rapport de forces évolue dans le bon sens. La cause chagossienne est une cause qui nous est toujours apparue comme majeure ». L’inauguration de samedi offrira une occasion solennelle pour le rappeler avec force.

A.D.

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