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Alain abstinent depuis 5 années !

Alcoolisme

Jean Fabrice Nativel / 31 janvier 2012

Abstinent aujourd’hui ! Mais que le chemin fut long pour y parvenir. Alain a sombré mais a su rebondir. Rencontre.

Alain buvait plus que de raison. « Du matin au soir », se rappelle-t-il. Et dès « 6 heures, j’étais à la bivèt ». A une boisson chocolatée, il a ajouté du rhum. Puis, les tournées s’enchaînaient les unes derrière les autres.

L’histoire d’Alain avec les boissons alcoolisées remonte à l’adolescence. Plus précisément précise-t-il avec « le Punch des îles ». C’est dans un coma éthylique que ce breuvage exotique l’a expédié en quelques verres. « A mon réveil, je n’avais aucun souvenir de ce que j’avais effectué la veille et encore moins de l’état dans lequel je me retrouvai ».

« Du matin au soir »

Par contre, il a eu droit aux remontrances familiales. Mère et père — « alcooliques » — m’ont demandé des explications quant à cette ivresse. « Je leur ai dit que c’était la première fois et je ne recommencerai plus », leur a-t-il juré.

La parole donnée a été tenue pendant une période… jusqu’à ce qu’il succombe une seconde fois. Cette fois-ci, il n’a pas eu droit qu’à des recommandations mais à une véritable correction de la part du pater et des menaces s’il agissait encore une fois de la sorte.

Boire « en cachette »

A ce moment, Alain buvait « en cachette ». Il rentrait de plus en plus tard à la maison. « Je me douchais, mangeais des bonbons à la menthe et m’empressais de me coucher sans rien sur l’estomac », examine-t-il.

Mais ce « manège » ne pouvait durer ! Mine de rien en parallèle, « je réalisais un bon parcours scolaire ». Diplôme électricien, il s’est empressé de trouver « une boîte » qui l’a employé. L’occasion pour lui de “s’évader” du foyer !

« Sé la osi ke tout la gaté », constate-t-il. « Je me suis marié, j’ai eu des enfants », évoque-t-il. « Après la journée de chantier avec des coéquipiers, on s’arrêtait à la bivèt. Dans un premier temps, ce n’était que pour un verre. Dans un deuxième, c’était une tournée des bars ».

La tournée des
« bivèt »

Il arrivait de plus en plus tard chez lui. Une fois ça va, c’est compréhensible. Mais tous les soirs et parfois même le dimanche. Les disputes avec sa dame sont devenues plus fréquentes.

Aux disputes sont venues se joindre les violences verbales et physiques jusqu’au jour ou « mes enfants m’ont mis à la porte de chez moi ». Au travail, « mes collègues et les prestataires se plaignaient continuellement de moi ». De l’employé modèle, il est passé à celui qui est repoussé par tous « du fait de mon comportement agressif ».

De plainte en plainte et de sanction en sanction, « j’ai été licencié ». En très peu d’années, il a tout perdu. De fait, il a sombré dans l’alcool. Une rencontre avec un malade alcoolique devenu abstinent a bouleversé sa vie.

Invité à un groupe de parole

« Il m’a invité à un groupe de parole » où il a pu petit à petit s’exprimer sur son lien avec l’alcool. « J’ai même pleuré tellement que j’avais mal », confie-t-il. Il a entrepris des cures entrecoupées de rechutes.

Il a tenu bon. « Aujourd’hui, je suis abstinent ». En réalité depuis 5 années, il n’a plus touché à une goutte d’alcool, il a retrouvé la forme, s’est remis au sport et surtout il a entrepris une formation. Son coup de main d’électricien, il ne l’a jamais perdu.

Personne ne doit juger Alain pour ce qu’il a fait et été. Et qui serait-on pour le faire ? Il importe qu’il ait su rebondir. On ne peut que le soutenir dans sa nouvelle vie.

Jean-Fabrice Nativel


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