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« Anon commence prépare a nou si domin bato i coule »

Témoignages.re / 24 avril 2013

Suite à sa réflexion publiée le 17 janvier 2013, Benoît Blard, président de la section PCR du Tampon, nous livre sa pensée sur les hectares de terrain laissé en friche dans notre département pendant que le travail est refusé à notre jeunesse et que notre dépendance à l’importation est chaque jour plus forte. Allons fé un affair ek ça pou fait de notre île une terre qui apporte sa richesse à tous ses habitants.

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Le réservoir Dassy au Tampon.
(photo BB)

En janvier, j’envoyais la photo du réservoir de Dassy de la SAPHIR, le montrant à moitié vide... en fait, il se faisait sa vidange annuelle pour y enlever toute sorte de corps indésirables, une toilette en quelque sorte que ne peuvent qu’apprécier les consommateurs ; on y voit également sur la droite (ou on y devine) l’arrivée de l’eau qui vient remplir le bassin ; derrière le réservoir, la ville de Saint-Pierre au loin.

Le même bassin et son trop-plein débordant de sa partie supérieure ; l’eau est déversée dans un conduit à ciel ouvert, en béton, puis dirigée par gravitation naturelle vers son origine, le bras de La Plaine, sous forme de cascade au-dessus du pont de l’Entre-Deux, tristement célèbre.

Ces promenades du dimanche ont une autre raison ; il y a dans cet environnement plutôt boisé pas mal de terrains agricoles non exploités parce qu’en indivision.

Il serait intéressant de faire sur l’ensemble du pays un inventaire de ces terrains qui, pendant des années, sont là à ne rien produire ; i di na poin de travail ; les jeunes i traine ; nana sak nana ; nana sak na poin ; nana sak i ginye entasse les biens, agricoles ou autres, et sak lé la à regarder les richesses des autres !

Sur 5,6 hectares — 1 hectare=10.000 mètres carrés=400 gaulettes carrées — donc sur 60.000 mètres carrés, i ginye monte in ferme pédagogique, amontre bann jeunes travaille la terre, planté, fé compost, fumié, élève dé trois poules, in chèvre, fé du lait, fromage, mange in zépi maïs, in pied salade, kiltive piman au lieu d’importer... brède pouillataire (pariétaire)-paillateire, lastron, brède bleue.

Anon commence prépare a nou si domin bato i coule (comme dit Rosalie, l’ex-présidan collectif Elie Saint-Leu), na pi do riz importé, koman nou va fé ? Conflor, songe, patate, maniok, ni koné pi ?

Po fini, si des lecteurs i vé témoigner si bann terrains agricoles couverts zacassis en gousse, zavocats marrons, abandonnés, dan toute quartiers La Rényon, ékri a nous, alon échangé noute zidé !

Benoît Blard

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A La Réunion, de nombreuses terres agricoles restent en friche à cause d’une indivision ou pour spéculation, alors que des jeunes ne demandent qu’à les travailler.
(photo CF)


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