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CECI-Base : Rendre l’informatique accessible aux personnes déficientes visuelles

Journée Portes Ouvertes

Sophie Périabe / 27 mai 2010

La CECI-Base est un service de Conseil général ouvert depuis quelques années pour les personnes mal voyantes ou aveugles. C’est un espace numérique équipé de postes informatiques adaptés aux handicaps de ces personnes ; elles peuvent y faire des démarches administratives, des courriers, mais également s’amuser ou tout simplement surfer sur le net.

Cette journée d’information avait pour objectif de montrer aux personnes déficientes visuelles les dernières évolutions en matière d’informatique et de nouvelles technologies. « Nous voulons leur montrer qu’elles ont le choix entre plusieurs solutions », précise le responsable du CECI-Base, Pierre Reynaud. De plus, l’accessibilité n’est plus onéreuse, « aujourd’hui, il existe des solutions moins chères pour adapter les ordinateurs ».
En effet, la personne déficiente peut soit avoir recours au logiciel gratuit de synthèse vocale et le clavier en braille ou alors choisir des machines de la gamme Apple qui sont d’origine adaptées à leur handicap. « Ce n’est pas l’accessibilité qui va rendre les Mac plus chers », ils sont plus coûteux d’origine.
« Toute la gamme Ipod, l’Iphone 3GS sont aussi d’origine utilisables par des personnes mal voyantes », poursuit le responsable. La solution serait que toutes les machines incluent d’origine l’accessibilité à tous mais ce n’est pas le cas aujourd’hui.

C’est un service unique dans l’île

En 2010, environ 1.000 personnes ont fréquenté la CECI-Base. « Cela inclut les personnes mal voyantes ou aveugles, des travailleurs sociaux, l’Éducation nationale qui viennent voir ce qu’on propose », indique Pierre Reynaud. Ce service unique dans l’île dispose de plusieurs postes informatiques. Les personnes mal voyantes ou aveugles viennent généralement en accompagnement individuel, car « il faut un temps d’adaptation avant qu’elles arrivent à s’en servir seule », poursuit le responsable. Le plus souvent, « ces personnes viennent faire des courriers, des démarches administratives ou encore regarder les programmes TV, lire les journaux, bref, elles viennent pour tout et n’importe quoi ». Les personnes déficientes visuelles veulent utiliser l’informatique et l’Internet comme vous et moi et il est important que les machines s’adaptent à elles.
Plus généralement, l’ensemble des services publics, administrations, transports, la ville, doivent s’adapter à ces personnes qui souhaitent être autonomes.
Malgré des améliorations non négligeables, le chemin est encore long pour que des personnes en situation de handicap puissent mener une vie comme « M. et Mme Tout le monde ».

 Sophie Périabe 


Rendre la ville accessible à tous

Christine et Sophie sont toutes les deux mal voyantes, la première depuis la naissance, et la seconde perd progressivement la vue, et l’ouïe également.
Elles se sont rencontrées à la CECI-Base et étaient, hier, à la journée de démonstration des nouveaux ordinateurs mis à leur disposition.
« Aujourd’hui, j’apprends à utiliser le clavier et le grand écran », dit Sophie. Quant à Christine, elle a déjà un ordinateur chez elle mais qui n’est pas adapté à son handicap. « Ici, j’apprends des techniques que je peux ensuite utiliser chez moi. Je pourrai ainsi m’améliorer et peut-être adapter mon ordinateur ». Ces nouveaux ordinateurs, équipés de synthèse vocale d’origine et de grand écran leur permettent d’accéder à l’informatique.
La CECI-Base est aussi un lieu de rencontres, où se créer des liens. « La CECI-Base nous permet de rencontrer d’autres personnes comme nous. Cela m’a permis de voir qu’il y a pire que moi et que finalement je me débrouille bien », explique Christine, qui vit, à peu près « normalement ». Elle a suivi un parcours scolaire traditionnel et ne connaît pas le braille.
Sophie, elle, a commencé à perdre la vue et l’ouïe vers 25 ans et la dégradation se poursuit au fur et à mesure. Pour elle aussi, la CECI-Base lui permet de rencontrer et d’échanger avec d’autres personnes dans le même cas.
Et un sujet qui revient souvent, c’est les sorties ! Sortir de chez soi lorsqu’on est mal voyant peut se révéler être un vrai parcours du combattant. Pour Sophie, c’est simple, elle ne peut plus sortir seule de chez elle. Quant à Christine, elle tente l’aventure régulièrement mais en ayant repérer les lieux au préalable avec un proche. « Monter les escaliers je peux mais pour descendre, si je ne connais pas l’endroit c’est difficile, il faut tenir, tâter, etc. ».
Plusieurs municipalités se sont engagées à rendre les centres-villes accessibles aux personnes en situation de handicap mais là encore, il y a beaucoup à faire. « Au niveau des bus, des arrêts, il faudrait un système auditif ». Christine a déjà eu quelques mésaventures dans des bus. « Il y en a qui parle de mettre des doubles signalisations en français et en créole, pourquoi ne pas mettre une signalisation adaptée pour nous ? »
Même si les deux femmes reconnaissent que des progrès ont été faits, « il manque encore beaucoup de choses ».

 SP 


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