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La Ville du Port s’engage pour la protection des abeilles

L’événement de Flore et Halle

Témoignages.re / 6 août 2011

Dans le cadre de l’édition 2011 de “Flore et Halle” qui se tient à la Halle des manifestations du Port du 3 au 7 août, et qui met à l’honneur cette année l’apiculture, la Ville du Port, par le maire Jean-Yves Langenier, le Syndicat apicole de La Réunion, par son président François Payet, et le Conservatoire botanique national et Centre permanent d’initiatives pour l’Environnement de Mascarin, représenté par Monique Paternoster, ont signé hier une déclaration d’intention pour la sauvegarde et le développement de la population d’abeilles sur le territoire communal portois.

Un rapport de l’Union nationale de l’apiculture française indique que l’abeille, témoin et victime de la dégradation de notre environnement, première ouvrière de la biodiversité, est en danger… Depuis plus de 10 ans, le constat est sans équivoque : De par le monde, l’abeille disparaît des campagnes. L’utilisation de manière prépondérante de pesticides puissants, le développement de la monoculture, la disparition des haies et des prairies fleuries, l’urbanisation grandissante, les écosystèmes non respectés, l’assèchement des zones humides… appauvrissent et détériorent les ressources en nectar et pollens nécessaires au développement de l’abeille.

La biodiversité mise à mal

Les abeilles sont des fécondatrices exceptionnelles. En effet, en butinant 700 fleurs en moyenne par jour, l’abeille assure la fécondation, la reproduction et donc la survie des plantes à fleurs. Lorsque l’on sait que 80% des plantes sont pollinisés grâce aux abeilles, on comprend l’enjeu et le rôle essentiel de l’abeille dans l’équilibre des espèces végétales et le maintien de la biodiversité.
Ce déséquilibre se répercute sur la chaîne de la vie. Fragilisée, l’abeille se développe mal, se reproduit mal, les populations se fragilisent et par voie de conséquence, la pollinisation diminue… Dès lors, les espèces végétales se reproduisent moins, les graines, les fruits et les baies se raréfient, privant oiseaux et petits mammifères d’une nourriture naturelle indispensable. La biodiversité est menacée à son tour.

L’agriculture en difficulté

L’abeille est un allié inestimable des agriculteurs. Bénévole, consciencieuse, rentable, elle participe à la pollinisation de nombreuses cultures comme les arbres fruitiers, les cultures oléagineuses (colza, luzerne…), certains légumes… La pénurie d’abeilles constitue une menace pour la production agricole et pour les rendements des cultures notamment. Apiculteurs et agriculteurs, complémentaires et indissociables, doivent trouver un terrain d’entente en assurant un traitement des cultures compatible et respectueux de l’environnement.

La Ville du Port, pionnière du développement durable dans l’île

En 1971, la municipalité décide de transformer le paysage portois en créant une trame verte à travers la plaine des Galets. Des moyens importants sont déployés : création d’une pépinière communale, végétalisation massive, ceinture boisée, parc arboré, gestion et recyclage des déchets verts et ménagers, maîtrise des ressources en eau, expérimentations diverses. La terre rocailleuse des “pionniers du désert” se transforme, au fil des ans, en ville-jardin. De la plaine semi-désertique du 19ème siècle à la ville verte d’aujourd’hui, le chemin est long. La Ville du Port, c’est aujourd’hui 1 million 560.000 mètres carrés d’espaces verts, soit 35 à 40 mètres carrés en moyenne d’espaces verts urbains par habitant.

A l’heure où les exigences environnementales se posent à l’échelle du village planétaire, la Ville du Port s’engage dans une démarche volontariste en faveur de la Terre, pour que celle-ci ne devienne pas « le probable paradis perdu » annoncé par le poète espagnol Federico Garcia Lorca. Cet engagement prend forme notamment à travers la multiplicité des actions menées par la municipalité en matière d’éducation à l’environnement.

Dans la continuité de cette démarche et fidèles à une politique engagée en matière de développement durable et conscients du rôle primordial de l’abeille dans la sauvegarde de la richesse de la biodiversité végétale à travers l’acte de pollinisation, la Ville du Port, le Syndicat apicole de La Réunion et le Conservatoire botanique national et Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) de Mascarin conviennent de définir les principes de leur partenariat dans une déclaration d’intention pour la sauvegarde et le développement de la population d’abeilles sur le territoire communal portois.

La déclaration d’intention « est conclue dans la perspective de l’intégration ultérieure de la Ville du Port au programme national “L’abeille, sentinelle de l’environnement ®” » sous l’égide de l’Union nationale de l’apiculture française. Elle pourra être ouverte à d’autres partenaires, « après accord de l’ensemble des signataires ». Ce partenariat « prend effet à la signature de la déclaration d’intention et trouvera son aboutissement dans la signature de la charte “L’abeille, sentinelle de l’environnement ®” ».

Le temps de l’action

Depuis le temps que l’on a pris conscience du problème de la pollution, de l’impact négatif des activités humaines sur l’équilibre de la planète, du réchauffement climatique, des gaz à effet de serre, de la montée du niveau de la mer, de la désertification, de la déforestation ! Aujourd’hui, le temps de l’action doit être le présent. Bien avant l’émergence de la notion de développement durable, la Ville du Port avait intégré dans sa politique la nécessité de prendre en compte la protection de l’environnement. De l’effort important de végétalisation entrepris depuis 1971, en passant par la maîtrise des ressources en eau, jusqu’à l’intégration des préconisations PERENE (Performance énergétique des bâtiments) dans le plan local d’urbanisme, les actions sont nombreuses.

L’objectif de la Ville du Port est de multiplier les actions en matière de développement durable et des nouvelles actions sont d’ores et déjà engagées. Avec le Conservatoire botanique national et CPIE de Mascarin, notamment, la Ville a engagé un partenariat fort visant à la mise en place d’actions écologiques, pédagogiques et scientifiques pour la protection de la flore et sa connaissance, la diffusion et vulgarisation de la connaissance scientifique auprès d’un public scolaire, universitaire et touristique, l’animation des actions en lien avec la gestion des espaces boisés de la Ville et leur aménagement, ou encore la proposition d’une réelle démarche pédagogique : de la sensibilisation à l’éducation et la formation.
C’est donc bien dans la continuité de cette démarche que la Ville du Port s’engage aujourd’hui pour la sauvegarde et le développement de la population d’abeilles sur le territoire communal.
Le partenariat engagé hier permettra à la Ville d’apporter sa contribution à la sauvegarde de la biodiversité de notre île.


16ème édition de Flore et Halle

Cela fait 16 ans que le Salon Flore et Halle existe et a su séduire le public réunionnais.
Cette année, l’apiculture et l’abeille seront mis à l’honneur grâce à la collaboration active du Syndicat apicole de La Réunion (SAR).

• La filière apicole à La Réunion
(Données : février 2011)
‐ Nombre d’apiculteurs déclarés à la Direction des services vétérinaires (DSV) : 500
‐ Nombre de ruches déclarées à la DSV : 12.700
‐ Production de miel : 150 à 200 tonnes/an, dont 70% de miel de baies roses, 10% de miel de letchis, 10% de miel de forêt et 10% de miel toutes fleurs
‐ Consommation : 350 à 400 tonnes/an
‐ Importation : 150 à 200 tonnes /an (Europe, Argentine et Hongrie)

• Les apiculteurs professionnels
sont au nombre de 170, ils possèdent plus de 70% des ruches et produisent plus de 80% de la production totale. Seuls 9 apiculteurs ont plus de 150 ruches et tirent potentiellement leur revenu exclusivement de l’apiculture.

• Une filière organisée : 5 structures d’encadrement
- Le Syndicat apicole de La Réunion (SAR)

- L’Association pour le développement de l’apiculture de La Réunion (ADA Réunion)

- La Chambre d’Agriculture de La Réunion (l’antenne des Avirons, notamment qui met à disposition de l’ADA un technicien‐animateur)

- La Coopémiel

- Le Groupement de défense sanitaire apicole de La Réunion (GDSAR)



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