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Le Conseil général : « Ne pas ôter la vie, mais apporter la vie »

Plan global d’aménagement sur le site du pont du Bras de La Plaine

Témoignages.re / 19 juillet 2013

C’est sur le site du pont du Bras de La Plaine que Bachil Valy, vice-président du Conseil général, représentant la présidente Nassimah Dindar, accompagné de Jean-Luc Lhemanne, sous-préfet de Saint-Pierre et de Hermann Rifosta, élu de la commune de Saint-Pierre et conseiller général, a tenu son point presse ce jeudi 18 juillet.

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Bachil Valy, vice-président du Conseil général et maire de l’Entre-Deux à propos du suicide : « c’est un problème sociétal, et ce n’est qu’ensemble que nous réussirons à enrayer ce mal ».

Des représentants d’associations culturelles, sportives et s’occupant du suicide, ainsi que la Police nationale et les Sapeurs Pompiers avaient également répondu présents à l’invitation du Conseil général, car, comme l’a souligné Bachil Valy « c’est un problème sociétal, et ce n’est qu’ensemble que nous réussirons à enrayer ce mal ».

 

Le pont du Bras de La Plaine, appelé à tord pont de l’Entre-Deux, a été inauguré en 2002 et a obtenu le 1er prix de la Fédération Internationale du Béton à Ozaka. Situé dans un site grandiose, complètement isolé, ce remarquable ouvrage d’art offre malheureusement un cadre idéal pour des suicides par précipitation. Depuis le début de l’année, pas moins de 89 interventions des secours et 7 décès ont été recensés.

Aussi, le Conseil général, propriétaire du pont, a décidé de lancer un plan global d’aménagement afin de diminuer voire de supprimer ces suicides, des travaux qui seront achevés avant 2014 pour certains.

 

« Tout d’abord, concernant l’exigence sécuritaire, le Conseil général a interdit l’accès aux hourdis inférieurs en y installant une arche en béton. Puis, nous avons mis des barbelés anti-franchissements sur la corniche, dont la pose se termine d’ailleurs aujourd’hui. Des barrières anti chute seront réalisées dès que l’expertise judiciaire en cours sera achevée, une demande faite avant l’achèvement de la garantie décennale. Nous avons également installé une signalétique informative mentionnant le numéro d’appel d’urgence 24h/24h ainsi que ceux des associations anti-suicide. Parallèlement, nous développerons et animerons ce site afin qu’il devienne un espace de vie. Plus fréquenté, il perdra son côté désertique. Les kiosques seront rénovés, une maison de la Vie associative sera créée et offrira ainsi un espace d’échanges et de rencontres ; nous développerons des animations ponctuelles comme les marchés des producteurs, la vente de produits artisanaux, l’organisation de courses sportives sans oublier une valorisation de la zone, à forte potentialité touristique, comme le tourisme industriel, les circuits guidés de randonnée. Enfin, nous favoriserons l’émergence d’activités sportives de pleine nature comme le trampoline sur mur de manière à associer l’exception du site au sport particulièrement extrême », a indiqué Bachil Valy.

 

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C’est une étape dans la sécurisation du pont du Bras de La Plaine.

Pour Hermann Rifosta, la réalisation de cet aménagement est une grande satisfaction, car comme il l’a précisé :  « ici, nous sommes également sur la commune de Saint-Pierre. En tant qu’élu de la mairie et conseiller général, je ne peux que me réjouir de voir l’aboutissement de ce projet d’aménagement qui créera une dynamique. Il ne faut plus que ce magnifique paysage soit entaché par ces drames humains ».

 

Des propos, d’ailleurs repris par Jean-Luc Lhemanne qui a également rappelé les compétences de l’État : « L’État se doit de protéger la population et de rendre possible les décisions. Le pont n’appartient pas à l’État. J’adore l’Entre-deux et monsieur le maire le sait bien. Certes, il est impossible pour le Conseil général de toucher à la structure actuellement et de mener des travaux plus lourds. Je suis donc ravi de voir la pose de ces barbelés dissuasifs. L’animation du site est aussi essentielle. J’espère que l’image de ce pont changera et que le pont du Bras de La Plaine ne soit plus le pont de la mort, mais puisse devenir le pont de la vie ».

 

Les services du Conseil général travaillent en étroite collaboration avec les associations anti-suicide, sportives, économiques et sociales pour apporter d’autres solutions plus globales s’inscrivant dans la prévention plutôt que dans la dissuasion. Car face à la détresse humaine, la réponse n’est pas matérielle. C’est une réponse humaniste avant tout qu’il faut apporter. « Sécuriser le pont n’est qu’une partie de la solution. Il ne faut pas ôter la vie, mais apporter la vie en mobilisant les énergies et en mettant tout en œuvre pour que cet endroit remarquable devienne un lieu de vie à part entière », a conclu le vice-président du Conseil général. 


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