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Les pétrels regagnent la mer

Espèces menacées

Témoignages.re / 17 avril 2010

La Société d’études ornithologiques de La Réunion, en partenariat avec le Laboratoire d’écologie marine de La Réunion, a relâché 3 pétrels de Barrau ce jeudi 15 avril au cap La Houssaye (Saint-Paul). Ils sont équipés d’une balise Argos de quelques grammes fonctionnant à l’énergie solaire. Elle permettra aux chercheurs du Laboratoire d’écologie marine de suivre leurs migrations et d’en savoir un peu plus sur cet oiseau mystérieux. Cette opération est une première mondiale.

Le pétrel de Barau est une espèce endémique de La Réunion. Il figure sur la liste des espèces protégées. Quant au pétrel noir, il est classé parmi les espèces en danger critique, il pourrait disparaître d’ici 10 ans. Il ne se reproduit que sur l’île autour du massif du Piton des Neiges entre 2.300 et 2.750 mètres d’altitude. « Le pétrel a deux particularités, il n’existe nulle part ailleurs qu’à La Réunion et c’est l’oiseau qui niche le plus haut au monde. Il s’installe généralement sur des crêtes et des petits plateaux dans les falaises verticales inaccessibles. C’est un peu le dernier marron de l’île. Il a fui les littoraux pour se réfugier loin des hommes et des prédateurs », analyse Stéphanie Dalleau de la SEOR.

Pour la Société d’études ornithologiques de La Réunion, la sauvegarde des pétrels est vitale « pour assurer la survie de cet oiseau mystérieux. Il faut localiser les terriers de reproduction et mettre en œuvre rapidement une stratégie de contrôle efficace des populations de chats et de rats présents sur les sites de reproduction situés en altitude. Ces animaux opportunistes sont responsables d’une prédation dont l’impact peut être catastrophique pour l’avenir de cette espèce menacée d’extinction ».

Les adultes reproducteurs arrivent sur les sites de nidification dès la fin du mois d’août et repartent fin avril. La femelle ne pond qu’un œuf par an, sans ponte de remplacement, dans les premiers jours de novembre. Chaque année, l’envol des jeunes s’étale de la mi-avril à début mai.

En dehors de la période de nidification, l’espèce quitte La Réunion et effectue plusieurs milliers de kilomètres dans l’océan Indien. Certains pétrels ont été observés au large des côtes de l’île d’Amsterdam, le long de l’Indonésie et au large de l’Inde et du Sri Lanka.

« Ces jeunes qui s’envoleront cette année ne reviendront sur l’île que dans 5 ou 6 ans environ, le temps qu’ils achèvent leur croissance et puissent se reproduire. Nous savons peu de choses sur les migrations des pétrels, les balises Argos nous en apprendront sans doute plus », détaille la vice-présidente de la SEOR.

Les oiseaux seront suivis par une classe du lycée de Saint-Paul. Il sera possible de voir où se situent les 3 jeunes pétrels, baptisés Kayamb, Ti Yab et Tamarin, pendant trois mois sur le site internet du Parc national.

Le premier candidat équipé d’une balise a mis quelques minutes à s’élancer. C’était la première fois qu’il voyait la mer, puis il a pris son envol vers 10h30. Cap au Sud. Une vingtaine d’autres pétrels relâchés ce jour-là ont suivi le même chemin.


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