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Passer rapidement aux énergies renouvelables

Réchauffement climatique : La combustion des ressources fossiles compte pour l’essentiel des émissions humaines de CO2

Sanjiv Dinama / 21 novembre 2009

Depuis 1990, date de référence du Protocole de Kyoto, les émissions de CO2 ont progressé de 41%, selon une étude publiée à 2 semaines de la réunion de Copenhague qui vise à trouver un accord mondial afin d’enrayer le réchauffement climatique en cours. Il est aujourd’hui primordial de passer rapidement aux énergies renouvelables. La Réunion doit donner l’exemple.

Les émissions mondiales de CO2 liées à l’utilisation d’énergies fossiles ont bondi de 29% entre 2000 et 2008, en dépit d’un léger ralentissement l’an dernier en raison de la crise, indique une étude publiée mardi dans Nature Geoscience.
Depuis 1990, date de référence du Protocole de Kyoto, les émissions ont progressé de 41%, selon cette étude publiée à 2 semaines de la réunion de Copenhague qui vise à trouver un accord mondial pour la période post-2012 afin d’enrayer le réchauffement climatique en cours.

Pire des scenarii

Ces chiffres se situent sur une trajectoire proche du scénario le plus sombre dressé par le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec), qui estime que la température moyenne de la planète pourrait grimper de +1,8 et +4°C d’ici à la fin du siècle.
Sans surprise, la combustion des ressources fossiles (pétrole, charbon, gaz, etc…) compte pour l’essentiel des émissions humaines de CO2, soit environ 8,7 GtC. Un montant excédant de 29% le niveau de l’année 2000 et de 41% celui de 1990, année de référence du Protocole de Kyoto.

En 2008, la crise économique a eu un impact « limité, mais discernable » sur les émissions mondiales de CO2 liées à l’utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), précise l’étude menée par le Global Carbon Project (GCP), qui rassemble plus de 30 spécialistes du climat.
Entre 2007 et 2008, la hausse des émissions s’est élevée à 2%, en léger retrait par rapport à une hausse annuelle moyenne de 3,6% depuis le début de la décennie.

Autre enseignement central de cette étude : la modification du rôle de "puits de carbone" joué par les océans et les forêts, moins efficaces pour stocker le CO2.

Au cours des 50 dernières années, la proportion des émissions de CO2 qui demeurent dans l’atmosphère, et renforcent donc l’effet de serre à l’origine du réchauffement climatique, est passée de 40 à 45%, selon l’étude.
« C’est inquiétant », a souligné Pep Canadell, directeur exécutif du GCP. « Cela montre la vulnérabilité au changement climatique de ces puits naturels qui sont moins efficaces dans leur rôle de "nettoyeur" de la pollution carbone d’origine humaine », a-t-il expliqué.

Revoir les modèles de développement

L’augmentation des rejets de gaz carbonique notée ces dernières années est attribuable, expliquent les auteurs, « à un changement de la source principale d’émissions, qui n’est plus le pétrole, mais le charbon ». En 2008, la houille a représenté 40% de l’ensemble des émissions issues des ressources fossiles, contre 37% entre 1990 et 2000. Quant au pétrole, sa contribution a été de 36% en 2008. Cette prédominance du charbon est inédite depuis 1968, précisent les chercheurs.
Il est donc primordial de passer rapidement aux énergies renouvelables.

La Réunion doit donner l’exemple. Démographie, changement climatique et conditions des échanges économiques mondiaux vont imposer de revoir les modèles de développement. Il faut construire l’autonomie énergétique en changeant le modèle énergétique des transports, en développant tout le potentiel d’énergies renouvelables.

Actuellement, 36% de la production électrique est produite à partir des énergies renouvelables. L’objectif de la Région est d’atteindre l’autonomie énergétique en 2025 à partir des énergies renouvelables. Une nouvelle étape a été lancée par la Région avec le projet STARTER (Stratégie pour l’autonomie énergétique, la relance et la transition de l’économie réunionnaise).

Sanjiv Dinama


Kanalreunion.com