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Pou kosa sa ??? É kosa lo pouvoir i fé ???

“Faits-divers”… “Faits-divers”… “Faits-divers”…

LB / 9 août 2011

Tous les jours, 24 heures sur 24, les médias dominants mettent en avant ce que l’on appelle les “faits-divers” : crimes, violences familiales, cambriolages, trafics et autres formes de délinquances… Hier, par exemple, un des quotidiens de l’île a consacré toute sa page “Une” à cinq “faits-divers”.
De plus en plus, cet étalage des faits-divers au détriment de la diffusion d’informations plus importantes apparaît comme une forme grossière de diversion et de tentative de détournement des esprits des problèmes essentiels dont sont victimes les Réunionnais et les autres peuples du monde. Pourquoi ?

Des causes profondes

Il ne s’agit pas d’ignorer et encore moins de mépriser la gravité des conséquences de certains drames familiaux, conjugaux ou personnels et de comportements délictueux, voire criminels. Il est évidemment important de faire connaître ces événements aux effets souvent douloureux pour un grand nombre de personnes.
Mais à quoi cela sert-il d’étaler ces événements malheureux dans les médias si l’on ne s’intéresse pas à leurs causes profondes ? Est-ce avant tout pour permettre de faire du profit maximum aux détenteurs du pouvoir médiatique ? Ou bien est-ce pour donner une image négative des Réunionnais, souvent présentés par ces médias bourgeois comme étant en grand nombre des voleurs, des violeurs, des cambrioleurs, etc.?
En effet, quelle est la place accordée par ces médias aux luttes du peuple réunionnais pour faire respecter ses droits et sa dignité ? Et sont-ils solidaires de ces luttes ou bien plutôt complices de toutes les formes de domination et d’exploitation dont les Réunionnais les plus pauvres sont victimes ?

Stigmatiser les Réunionnais

En fait, si l’on ne s’intéresse pas aux causes fondamentales des “faits-divers”, c’est parce que l’on ne veut pas remettre en cause le système socio-économique inhumain qui est à la base de ces événements parfois pénibles et qui est le contexte général à la source. Que fait le pouvoir pour prévenir ces souffrances en s’attaquant à leurs causes ? Combien de délinquants sont souvent eux-mêmes très souvent victimes de violences sociales et d’injustices qui les plongent dans le désarroi, la souffrance mentale, l’absence de perspectives pour avoir les moyens de vivre décemment ?
La question est donc de savoir pour quoi (dans quel but, à quelle fin) on parle des faits-divers, si l’on s’interroge sur leurs raisons profondes, si l’on combat les origines de ces drames et si le pouvoir en place fait un compte avec ça… À moins que la priorité consiste à stigmatiser les Réunionnais à travers certaines errances…

L. B.


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