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Un journaliste de Réunion 1ér radio agressé

Pêche aux requins

Témoignages.re / 16 août 2012

Hubert Debeux, journaliste de Réunion 1ère radio, a été agressé mardi 14 août 2012 sur le port de Saint-Gilles par un patron pêcheur participant à la pêche aux requins organisée par la préfecture. Sans raison autre que celle de se trouver à proximité, son agresseur lui a asséné un coup de tête et lui a dérobé son matériel d’enregistrement. Notre confrère a porté plainte.

Lorsque les faits se sont produits, notre confrère "armé" de son matériel d’enregistrement éteint était assis sur l’un des quais du port. « Trois hommes sont arrivés et ont commencé à se plaindre, notamment des journalistes », relate Hubert Debeux. « À un moment, l’un des trois s’est retourné et m’a apostrophé en me disant : “vous êtes journaliste”. Il s’est ensuite avancé sur moi et m’a volé mon matériel qu’il a déposé sur son bateau », dit encore le journaliste.

Le patron pêcheur a accusé à tort notre confrère d’avoir enregistré la conversation qu’il venait d’avoir avec les deux autres personnes. Il a ensuite décidé qu’il rendrait son matériel au journaliste lorsque le représentant du CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) chargé du contrôle des pêches arriverait sur place. « Lorsque la personne du CROSS est arrivée, le patron pêcheur m’a une nouvelle fois pris à partie et m’a donné un coup de tête », poursuit le journaliste.

Hubert Debeux a immédiatement porté plainte à la gendarmerie de Saint-Gilles pour vol et agression. Les gendarmes sont allés récupérer le matériel à bord du bateau et ont entendu l’auteur des faits. La Direction de France Télévisions a condamné « avec la plus grande fermeté ce type d’agissements inacceptables » et se réserve le droit d’entamer des poursuites judiciaires.

La préfecture a parlé d’une attitude « inacceptable de la part de l’auteur de l’agression » qui est accrédité par l’État pour effectuer la campagne de marquage et de prélèvement des requins. Raison pour laquelle, dans un communiqué de condamnation de l’agression, le Syndicat national des journalistes (section Réunion - océan Indien) demande aussi « à la préfecture d’exercer une plus grande vigilance dans le choix de ses contractants ».

Imaz Press Réunion tient à apporter son soutien à Hubert Debeux dont la seule "faute" a été de se trouver à proximité de son agresseur dans l’exercice de son métier.

Source : Imaz Press Réunion

Soutenons la liberté de la presse

Les faits qui se sont déroulés mardi au port de Saint-Gilles sont là pour rappeler que la liberté de la presse est un phénomène très récent à La Réunion. Alors que dans la République, les lois garantissant le respect de ce droit étaient appliquées depuis le 19ème siècle, dans les années 60, "Témoignages" a été saisi plus de 40 fois parce qu’il a rempli sa mission de service public : informer la population.

Le combat pour la liberté de la presse est une lutte constante, aussi "Témoignages" fait part de sa solidarité envers Hubert Debeux, agressé parce qu’il remplissait sa mission d’informer.

Le SNJ condamne l’agression

Le Syndicat national des journalistes (section Réunion - océan Indien) condamne cette agression et apporte tout son soutien à notre confrère. Il rappelle que le travail des journalistes est une mission de service public conduite au profit de tous, et qu’elle ne saurait être menacée par quelque partie que ce soit. Le SNJ demande à la préfecture d’exercer une plus grande vigilance dans le choix de ses contractants.


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