Le 11 juin dernier, un bateau chargé de 35.000 tonnes de sable titanifère a commencé à décharger sa cargaison dans un port canadien. C’est comme si 1.000 camions avait arraché une part de la terre des ancêtres pour la traiter quelques milliers de kilomètres plus loin comme une vulgaire marchandise.
Cette terre sur laquelle se sont succédé des générations de Malgaches, dont à n’en pas douter des ancêtres de Réunionnais, n’est plus à sa place.
Et elle va servir à fabriquer des colorants très demandés dans toutes les industries où il est nécessaire d’utiliser des couleurs : peinture, plastique, papier, tissus, caoutchouc…
Pour atténuer l’impact de ce pillage, une mesure qui aurait pu être prise aurait été la construction à Madagascar des infrastructures nécessaires à la transformation de la terre des ancêtres en un produit à haute valeur ajoutée. Cela n’a pas été le cas. Si 150 millions d’euros ont été investis dans une industrie de transformation, ils l’ont été bien loin de Madagascar. Cette usine est en effet implantée au Canada, et la transformation de cette partie de la terre malgache va créer des emplois loin de Madagascar.
On est bien là dans la poursuite de la logique de la colonisation, qui consiste à piller les richesses de pays au profit d’autres pays. Et cette fois, ce pillage prend une dimension hautement symbolique. C’est carrément la terre qui est exportée par bateau.
M.M.























