L’association RIVE fête ses 10 ans

Le combat continue...

26 avril 2004

Vendredi soir, au local de l’association, rue du Four à Chaux à Saint-Denis, membres et patients se sont réunis pour célébrer les 10 ans de RIVE. Un moment d’émotion au souvenir du chemin parcouru depuis 1994...

Musique, ballons, gâteau, sourires, convivialité, et préservatifs étaient au rendez-vous vendredi soir au siège de RIVE (Réunion immuno-déprimés vivre et écouter), pour fêter entre amis le bonheur d’être réunis autour d’une naissance, voilà 10 ans. Luttes et actions furent menées pour briser la loi du silence, de l’indifférence, pour que les séropositifs trouvent un lieu d’expression, un ruban rouge pour les guider sur le chemin d’une vie qui continue, avec la maladie.
Aujourd’hui, 10 ans après sa création, force et courage font toujours vivre l’association RIVE, car la maladie trop souvent occultée est toujours bien présente : la lutte doit continuer. La solidarité désot même la mer et RIVE Océan Indien vient désormais à l’aide des malades de la zone, pour que nos îles sœurs ne voient plus disparaître ses hommes, ses femmes et ses enfants par manque de soins et de traitements.
Quel chemin parcouru depuis 1994 ! "Les malades du Sida mouraient inexorablement" dans "l’exclusion, le jugement d’autrui, la honte", comme l’a rappelé Catherine Gaud, présidente de l’association. C’est en partageant le sort des malades, à l’écoute de leurs besoins, de leurs souffrances, de leur solitude, animés par la volonté de cœurs sincères, détachés de tout profit personnel, que le sort de l’injustice fut scellé : "passer à l’action au nom de la solidarité était devenu une nécessité : nous avons décidé de nous lancer", se rappelle encore le docteur Gaud. Ils furent quatre initialement à enfanter le "bébé" qu’ils baptisèrent RIVE, "la rive sur laquelle on se repose de la fatigue, des batailles, des plaies en tout genre, le rivage de La Réunion, l’autre rive, les deux rives, celle de la vie et celle de la mort".

Un nouveau défi : soigner ceux de la zone

Resté à faire vivre ce “bébé”, à l’aider à grandir et le parcours du combattant commence : visites aux organismes sociaux, aux bailleurs de fonds, aux élus, à la presse. Toutes les bonnes volontés étaient, et sont toujours, les bienvenues : quelques bénévoles apportèrent leur énergie et leur temps pour être présent, à l’écoute, ouvert au partage. L’association loue son premier appartement pour loger Armand, banni de sa famille, et instaure ses premières interventions médecin-patient dans les lycées et collèges.
Les mentalités commencent à changer, mais difficile de "dédiaboliser la maladie", sans le témoignage des porteurs du virus : Adrien, puis Rose-May, qui venait de perdre son fils de 8 ans, puis Aïcha, en proie au jugement de la communauté musulmane, furent les "courageux pionniers à se montrer à la télévision", se souvient encore Catherine Gaud. Il a fallu un lieu pour accueillir les malades de plus en plus nombreux : ce fut la première maison de vie, rue Bertin, la création de la terrasse du CHD, puis les premiers salariés de l’association, Isabelle, Fabien et Thierry, après avoir échappé à la mort grâce à la trithérapie. Puis les présidents se succèdent, les salariés sont plus nombreux, le téléphone vert est créé..., "mais déjà un autre défi se préparait".
Le nouveau défi de l’association fut de permettre aux séropositifs de la zone de pouvoir eux-aussi bénéficier des traitements trithérapeutiques, sans lesquels ils étaient condamnés, "dans l’indifférence générale sous prétexte qu’ils n’étaient pas nés ou ne vivaient pas au bon endroit". C’est ainsi que la Mauricienne Devina et son bébé ont put être sauvés in extremis.
Le docteur Catherine Gaud a plaidé la cause de ces patients auprès des différents ministère de la Santé de la zone. L’association a mis en place la formation des médecins des îles et l’accueil à La Réunion des "patients en situation de péril vital, décidant que toute mort dans l’océan Indien était injuste". Les équipes de soins de l’hôpital et les bénévoles de l’association ont offert beaucoup d’eux-mêmes pour relever ce nouveau défi et mener le combat de l’égalité des soins.

10 ans après

Aujourd’hui, RIVE, c’est la prise en charge de 300 patients, c’est 28 appartements relais, une nouvelle maison de vie, rue du Four à Chaux à Saint-Denis, ce sont 11 salariés engagés, aimés, admirés et remerciés par leur présidente. RIVE, c’est aussi RIVE océan Indien qui prend en charge les patients de la zone et se bat pour que le projet d’initiative régionale d’accès rapide aux soins et aux traitements antiviraux - repris par la COI et l’ONUSIDA - offre la même chance à tous face à la maladie. RIVE, c’est une multitude de prénoms qui résonnent dans la tête de sa présidente, de ceux qui ne comptent pas leur temps et s’impliquent à fond dans le projet, de ceux des patients, "chacun infiniment important, nécessitant toute notre attention et notre professionnalisme", de ceux qui sont passés sur l’autre rive et qui, par le souvenir de leur courage contribuent à poursuivre le combat qu’ils ont mené.
RIVE, c’est aussi une présidente d’exception, une femme d’une modestie qui n’a d’égal que le courage, et qui depuis peu, élue de la Région, a compris que c’est en unissant les forces que les grands projets avancent. Une femme médecin qui exerce sa mission de sauver des vies avec une force, une dignité, et une énergie incroyables. Une mère de famille également qui, malgré son emploi du temps chargé, est là pour ses enfants. Enfin, une femme réunionnaise, militante, qui œuvre pour son pays, et pour l’être humain en général. Une femme d’honneur, de valeurs, qui mérite tout notre respect et nos remerciements. Que l’on soit ou non atteint du virus, on a besoin d’êtres d’exception pour oser briser les barrières de l’indifférence et montrer que la vie sans les autres n’a que peu de sens.

Estéfany


Une partie du clergé malgache contre le préservatif

Alors que RIVE mène un combat exceptionnel depuis dix ans, alors qu’elle vient en aide aux patients malgaches pour leur offrir l’égalité des soins, une partie du clergé de la Grande Île se prononce en défaveur du préservatif, faisant la “une” des journaux, et satanisant le seul moyen de protection pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles.
Ce clergé fait en effet fi de la réalité : le sexe, au-delà du commerce abjecte, est aussi le seul moyen de survie pour de nombreuses familles. Dès que les filles ont atteint l’âge de la menstruation, une pièce leur est réservée dans la maison familiale pour accueillir leurs clients. Réalité crue, cependant, les jeunes femmes sont fières de pouvoir nourrir leur famille et de gagner en une nuit le salaire d’un mois. Loin de faire l’apologie de ces pratiques, c’est une réalité à laquelle on ne peut se soustraire, dans un pays ou la pauvreté et la misère tuent.


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Messages

  • tous mes encouragements et mes voeux pour 2007 que cette année soit porteuse de
    d’esperance merci de prendre soin de mon petit gars de valenciennes : alain je lui fais
    toutes mes amitiés ainsi qu’a vous tous. encore beaucoup de bonnes choses pour 2007.
    annick APO du tour saint cordon.

  • avec tous mes encouragements , que 2007 soit porteuse d’esperance. merci de prendre
    soin d’eux en particulier de mon petit frere d’ame alain pour qui je prie tous les jours
    ainsi que pour vos malades. ...et pour la recherche medicale ca va de soit !
    encore beaucoup de bonnes choses a tous pour 2007 . je continue de mettre le
    grand patron " abba pere " dans le coup ... confiance .
    a.p.o de valenciennes.annickos


Témoignages - 82e année


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