Le grand malheur des pauvres riches...

14 juin 2005

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Pendant que beaucoup d’entre nous doivent faire chaque jour attention à chacune de nos dépenses domestiques, pendant qu’il faut souvent expliquer à nos enfants qu’il n’est pas possible de faire maintenant l’achat de telle ou telle nouveauté, pendant que, en un mot comme en trois phrases, nous ressentons tous l’augmentation brutale du coût des choses nécessaires pour vivre - augmentation brutale constatée depuis l’avènement de l’euro -, pendant ce temps, dans beaucoup de coins du monde, des millions et des millions de “pauvres riches” se demandent, fort inquiets, comment ils vont pouvoir faire pour bien placer leurs sous.
C’est devenu, chez cette catégorie de citoyens qui disposent d’une fortune de plusieurs dizaines de millions de dollars, une préoccupation quotidienne ! Quel malheur !
Le grand malheur de ces pauvres riches abandonnés à leurs tristes sorts ne pouvait pas, au pays de Monsieur Georges W. Bush, laisser tout le monde indifférent.
“The Institute for Private Investors” (I.P.I.), un institut américain bien intentionné, a décidé de voler au secours de ces malheureux qui ont besoin d’être moins infortunés. Des cours sont organisés, de manière intensive, à raison de deux sessions d’une semaine chacune sur l’année.
Les privilégiés qui peuvent se payer cette formation (au prix fort ? quelle question !) reçoivent toutes les informations et apprennent tous les ravages qui leur permettront de maîtriser la gestion la plus efficace possible de leurs déjà grosses fortunes : investissement en titres en produits à revenus fixes ou alternatifs, dans l’immobilier, en dépôts rémunérés et fonds spéculatifs. Et ça rapporte !
Ça rapporte à I.P.I., puisque les obèses du compte en banque sont 8 millions 300.000 individus dispensés dans le monde entier. Ça leur rapporte à eux aussi, bien entendu. Leurs avoirs "ont augmenté deux fois plus vite que la croissance mondiale", souligne un expert mondialement réputé.
Pour tout vous dire, on trouve aussi des représentants de cette race de rapaces dans bien des pays d’Afrique, et même là où le peuple crève la dalle.
Leur nombre a même augmenté de 13,7% !
Et, cerise sur le gâteau si vous permettez l’expression, les dites fortunes de ces messieurs dames telles que les évalue l’I.P.I. ne concernent pas leurs résidences principales que vous pouvez penser luxueuses et nombreuses !
C’est que ces gens-là ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier. Ne manquerait plus que vous les croyiez stupides !

R. Lauret


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