Depuis la nuit des temps, les femmes, les enfants, et dans une moindre mesure, les hommes de l’archipel des Comores, toutes générations confondues, utilisent un masque de beauté appelé "m’sindzano", en fonction des circonstances.
De quoi se compose le masque ?
Les femmes s’enduisent le visage d’une pâte faite de bois de santal frotté sur un morceau de corail, taillé en rectangle ou en rond, aplani, pour la préparation la plus simple. Celle-ci peut également être enrichie de noyau d’avocat ou d’écorce de grenade et de curcuma pour la couleur rougeâtre ou jaune, ou d’argile rouge ou blanche. Certaines écorces d’arbre et certaines fleurs séchées peuvent être employées pour enrichir la pâte en fonction des usages.
À quoi sert-il ?
Le masque fait en premier lieu office de protection contre le soleil. Mais il ne remplit pas que ce rôle. Il a également comme vertu d’éclaircir, d’adoucir, de parfumer la peau du visage...
Mis à part son usage à des fins esthétiques, il peut être utilisé à des fins thérapeutiques et nutritionnelles. Le bébé reçoit une petite quantité de pâte dans sa composition la plus simple, à titre de gourmandise, mais cela le protège des coliques. Le corps de l’enfant est enduit de pâte en vue de le rafraîchir, de protéger sa peau fragile.
À quelle occasion se pare-t-on ainsi ?
Il est utilisé quotidiennement pour les vertus citées ci-dessus. Mais il est aussi utilisé dans diverses cérémonies, comme la célébration du passage à la puberté de la jeune fille, ou celle qui suit la circoncision du jeune garçon. Motifs et dessins varient en fonction des cérémonies.
Les femmes se parent de ce maquillage lors de mariages et se montrent très créatives dans les motifs utilisés. Lors d’un deuil, les femmes s’enduisent un doigt de pâte de santal et se font une marque à tel ou tel endroit du visage.
On peut dire que le "m’sindzano" ponctue le quotidien et les étapes de la vie dans les Îles aux Parfums.























