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3 octobre 2009
L’île de La Réunion a accueilli la star du football Lilian Thuram, celui qui a contribué avec ses potes “black, blanc, beur” à la victoire de l’équipe de France pour la Coupe du Monde de 1998. Les observateurs/journalistes du football mondial ont déjà couronné le Guadeloupéen pour sa brillante carrière de sportif et aussi pour son attachement aux valeurs universelles qui unifient l’Homme dans sa grandeur fraternelle.
J’apprécie la générosité et la citoyenneté exemplaires dont témoigne Monsieur Lilian Thuram pour la lutte contre le racisme, l’indifférence, la domination et la soumission des plus vulnérables dans ce monde. La visite de Monsieur Lilian Thuram à La Réunion s’inscrit dans le programme de sa fondation : contribuer à l’extermination du racisme sur la planète par la pédagogie, l’éducation et la déconstruction. Il insiste sur la notion d’éducation et de déconstruction. La première notion s’attache à agir sur la source « du processus des préjugés », la seconde définit le dépassement d’une réaction individuelle vers une prise de conscience collective.
L’humanité va droit vers le précipice, si nous laissons développer dans nos gènes ce virus qu’est le racisme d’une couleur de peau, d’une appartenance historique ou tout simplement le racisme qui vise un groupe social en déficience de représentation politique, institutionnelle et économique. Parler du racisme à La Réunion, c’est comme parler de l’obésité dans n’importe quelle société moderne.
Notre île ne peut continuellement se cacher derrière des slogans touristiques qui affichent une “mosaïque” teintée d’hypocrisie. L’histoire de l’île de La Réunion appartient au présent et au passé de l’humanité, tout comme le racisme découle d’une profondeur idéologique telle que le nazisme ou la traite de l’Homme par l’Homme ; un ensemble de doctrines ou d’idées plus ou moins élaborées.
Cautionner l’immobilisme intellectuel face au racisme, c’est laisser croire à « l’incompatibilité des cultures ». Aborder le racisme, c’est re-questionner notre regard sur l’autre. Déclarer la “guerre” au racisme, c’est apporter des réponses à la science sociale, mettre en concordance l’analyse du racisme et l’action anti-raciste.
Ce qui devient compliqué à La Réunion, c’est lorsqu’il faut penser et articuler une cohérence entre prévention et éducation en évitant « une désintégration culturelle » de nos valeurs. Le sociologue Michel Wieviorka identifie trois types de racisme : « le racisme institutionnel, le racisme culturel et le racisme scientifique ». Nous avons eu cette honorable chance d’accueillir Monsieur Lilian Thuram pour discuter sur son rôle d’ambassadeur « de l’égalité des chances ». Favorisons des espaces de débat. Seuls ceux qui n’ont pas la conscience tranquille ont peur d’écouter.
Le Président du CRAN Réunion,
Érick Murin
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