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Tout le mouvement associatif interpellé par cette faillite
28 novembre 2009
Le Tribunal a liquidé l’ARAST face à l’impossibilité de présenter un plan crédible de la part des repreneurs. Les propositions comprenaient trop de conditions pour être viables, et donc aucune n’avait la capacité financière suffisamment solide. Le Tribunal de commerce met fin à une structure qui n’était plus en capacité de fonctionner. Les activités seront sauvegardées et les emplois qui vont avec.

La décision du Tribunal de commerce a mis 1.200 personnes au chômage hier. (photo Imaz Press Réunion)
1.200 travailleurs au chômage hier soir. C’est le résultat de la liquidation de l’ARAST prononcée hier après-midi par le Tribunal de commerce.
C’est le point final à une histoire commencée par Saint-Jean de Dieu et l’ARFUTS. Ces deux associations en faillite ont fusionné pour donner l’ARAST. Cette structure, qui est restée une association, est arrivée jusqu’à employer 1.800 personnes. Quels étaient les moyens utilisés pour faire fonctionner une association de 1.800 personnes ? Et comment une structure de 1.800 personnes a-t-elle fait faillite ? Ce sont autant de questions qui interpellent. Le moment est venu pour que le mouvement associatif réfléchisse aux raisons qui ont conduit à une telle hécatombe. En effet, des centaines d’associations sont en difficulté ou ont été liquidées au cours de ces dernières années, ce qui révèle une crise structurelle. Comment y remédier ?
Pour en revenir aux faits, le Tribunal de commerce de Saint-Denis a prononcé hier après midi ce qui a légitimement provoqué la tristesse et la colère des nombreux travailleurs brutalement mis au chômage. Les juges ont écarté les neuf offres de reprises au motif qu’elles manquaient de garanties financières pour être viables. Aucune proposition n’avait en effet la surface financière pour garantir la survie de la structure, toutes reposaient sur des conditions.
L’existence d’une association de cette taille est sans doute sans précédent. Sa faillite a de graves conséquences. Résultat : 1.200 personnes perdent leur emploi.
L’AGS (Association de Gestion des créances des Salariés) devra payer entre 20 et 27 millions d’euros d’indemnités aux 1.196 salariés. Or, son avocat reconnaît que « l’association se trouve en grande difficulté financière ».
Ce lundi 30 novembre, les salariés iront « prendre nos emplois au Conseil général. On ne va pas se laisser faire », affirme une salariée immédiatement après l’annonce du jugement.
C’est donc la fin d’un feuilleton commencé par Saint-Jean de Dieu et l’ARFUTS. Ces deux associations en faillite ont fusionné dans une structure ARAST. Cette structure est ensuite montée en charge jusqu’à atteindre 1.800 salariés. Depuis un an, 600 personnes en contrat précaire ont déjà été licenciées. Et aujourd’hui, c’est la plus grosse hécatombe en termes d’emplois qu’ait jamais connu notre île. Et depuis quelque temps, cela fait combien de milliers d’emplois qui ont été supprimés dans ce type de structure ?
Après la liquidation de nombreuses associations à La Réunion, le moment est donc venu pour le monde associatif de réfléchir sur les raisons d’une telle faillite et les moyens de s’en sortir. Il est urgent de tout remettre à plat. Pourquoi une telle hécatombe ?
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