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Le versant droit et le versant gauche de la montagne du capital

2 juin 2008




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S’il est une distinction qui apparaît fondamentale dans sa complexité politique, c’est bien celle de la droite et de la gauche. Mais alors, d’où vient qu’au fur et à mesure que se déroule l’Histoire, elle se perd de plus en plus jusqu’à s’évaporer complètement ? C’est peut-être cela que le président de la République française appelle « faire bouger les lignes » : oui, les faire bouger jusqu’à ce qu’elles se brouillent davantage et finissent par se fondre dans le brouillard. Et si c’était cela aussi que l’on nomme l’union consensuelle en lieu et place du peuple fraternel ?
Nous sommes décidément à l’ère de la confusion absolue, de la superficialisation, de la banalisation des mots et, à travers eux, du Verbe. Tout ceci culminant dans le fait qu’un parti, - révolutionnaire à ses origines s’il en fut -, le Parti socialiste, a osé se définir « socialiste de gouvernement ». Or, il n’y a pas un gouvernement de droite et un gouvernement de gauche ; il n’y a de gouvernement que de droite. On gouverne toujours à droite. De surcroît, le socialisme comme pouvoir ne peut être que national. L’expérience de l’Histoire est là pour nous prouver ce que devient le socialisme lorsqu’il se fait précéder de l’épithète “national”. André Philip, député socialiste du Front populaire, un des 80 parlementaires à voter contre les pleins pouvoirs à Pétain, ministre de l’Economie nationale après la Libération, le disait avec une justesse étonnante : « Je me méfie de tout socialisme national, car il est en permanence menacé du risque de tourner en national-socialisme ». Ajoutons que sans aller toujours jusqu’à cette extrémité, son péril est grand de verser, de se noyer dans la sauce libérale du capitalisme. De fait, aujourd’hui en France, en Europe, dans le monde, il n’y a plus la gauche et la droite. Il existe uniquement, nous crevant les yeux, le versant gauche et le versant droit de la montagne du capital.
On ne peut briser cet engrenage infernal que si l’on a le courage conceptuel de faire voler en éclats la perfide économie de marché pour entrer, et sans concession aucune, dans la perspective universelle d’un front d’humanité, pulvérisateur de l’accumulation du capital.

Georges Benne et Jean Cardonnel

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