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Crise en Europe
14 février 2012
Dimanche soir, le Parlement grec devait voter le nouveau plan d’austérité imposé par la Troïka, pour obtenir une aide de 130 milliards d’euros. Ce vote aura été le théâtre d’affrontements entre le peuple grec et les forces de l’ordre.
Réunis dans l’après-midi, des milliers de Grecs étaient venus rejeter les « dix commandements » décidés par les créanciers. La manifestation a dégénéré en émeutes. Enseignes incendiées et dévalisées, jets de pierres, confrontation entre policiers et manifestants. La grève générale, entamée dimanche, s’est poursuivie hier à l’appel des confédérations syndicales du public et du privé.
Les députés choisissent l’euro au peuple
Le gouvernement grec a adopté dimanche, comme décidé par le FMI, la BCE et l’UE, le plan d’austérité afin d’éviter le défaut de paiement d’une obligation à la mi-mars. Le Parlement a choisi de rester dans la zone euro malgré la résistance dans la rue. De violentes manifestations réunissant 80.000 personnes à Athènes, selon la police, ont enflammé la capitale grecque. Les autorités ont dénombré une quarantaine de départs de feu ou incendies dans des bâtiments ou équipements du centre, selon un communiqué du Ministère de la Protection du citoyen.
Le nouveau plan d’austérité aura été adopté par 199 voix de majorité sur un total de 300 députés, dont 278 présents. Normalement, le gouvernement de coalition socialistes-conservateurs de Lucas Papadémos devait compter sur 236 voix. Le Premier ministre Lucas Papadémos a condamné la violence et les destructions, et justifié l’importance du vote des parlementaires. Ce dernier a expliqué qu’il fallait « avancer avec l’Europe et la monnaie unique » ou « précipiter le pays dans la misère, la banqueroute, la marginalisation et l’exclusion de l’euro ».
« Le chantage de la Troïka »
D’après l’“Agence France Presse”, des banderoles dénonçant « le chantage de la Troïka » ou demandant « l’effacement de la dette » étaient brandies par une foule pacifique à Athènes de plus de 3.500 personnes. La seconde journée de mobilisation aura commencé par une action coup-de-poing des militants du front communiste syndical grec, Pame, qui a déployé sur l’Acropole deux banderoles géantes dénonçant « la dictature des monopoles de l’Union européenne ». A contrario, de nombreux Grecs ne descendent pas dans la rue, « ils sont tout simplement abattus par les mesures qui n’en finissent pas », a expliqué le journaliste de RFI.
Le 9 février, les négociations entre le gouvernement et la Troïka auront été « conclues avec succès », ont précisé les services du Premier ministre Lucas Papadémos dans un communiqué. Après des semaines de discussions, les dirigeants des partis politiques grecs qui soutiennent le gouvernement de coalition à Athènes ont cédé et approuvé « l’accord général sur le contenu » du nouveau plan de sauvetage, a souligné le communiqué. Ce nouvel accord concerne notamment la fonction publique, la flexibilité du marché du travail, le renforcement du fisc.
Ce plan arrive après deux années de cure d’austérité qui ont échoué à redresser les finances publiques et ont aggravé la situation économique. Toutefois, en plus de cet accord avec les créanciers internationaux, le gouvernement de Lucas Papadémos espère conclure un accord avec ses créanciers privés qui lui permettrait d’effacer environ 100 milliards d’euros de dette.
Céline Tabou
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