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Talipot censuré

Les idéologies de la période coloniale toujours là

29 novembre 2011

Les arguments invoqués pour interrompre la représentation de Aïa sont de la même veine que ceux utilisés pour exclure le séga du bal du gouverneur, ou pour refuser au maloya sa place dans l’espace public pendant des décennies.

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Paul Vergès est revenu sur le débat autour de la dernière création de Talipot. Il rappelle qu’en France, une pièce de théâtre fait l’objet de manifestations d’opposition composées d’intégristes catholique. Toute la presse aborde cette question, ouvrant le débat sur la liberté de création.
À La Réunion, la troupe Talipot est invitée à présenter un spectacle salué par la critique en Afrique du Sud. Mais au bout de trois minutes de représentation, ordre est donné de tout interrompre.
Pas de débat sur cet événement, alors qu’il n’y pas d’exemple aussi scandaleux d’atteinte au respect de la création, souligne Paul Vergès.
Ce silence, et les déclarations de responsables soutenant cette censure montrent combien notre société n’est pas sortie de la période post-coloniale, juge Paul Vergès.
En effet, tous les autres responsables des institutions se taisent… un responsable à la culture d’une collectivité a même justifié l’arrêt de la pièce, car cet élu n’apprécie pas les représentations à caractère pornographique, selon lui…
Paul Vergès note l’impact de cette décision dans les milieux intellectuels sud-africains.
Tous les discours sur la coopération régionale, le respect des cultures dit par ces mêmes personnes, sur quoi reposent-ils ?
Paul Vergès constate que celui qui a pris la décision d’arrêter la représentation de Talipot a un mérite à son corps défendant, celui d’avoir montré ce qui est sous-jacent dans la société réunionnaise, elle n’est pas sortie de la période post-coloniale.
Voilà qui ramène La Réunion à l’époque de l’interdiction du séga du bal du gouverneur pour les mêmes raisons.
Voilà qui éclaire à nouveau sur les motifs de l’opposition à la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise : c’est le refus de l’égalité des cultures.
En conclusion, Paul Vergès s’interroge sur la position de l’État. Que pense-t-il de cette décision.
En conclusion, le sénateur souligne qu’il reste beaucoup à faire à La Réunion pour la liberté culturelle et celle de l’expression.

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<p>Ils étaient nombreux hier matin à défiler dans les rues de Saint-Denis derrière une immense banderole sur laquelle on pouvait lire « Université Réunion la pété ». (photo Imaz Press Réunion)</p>


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