APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Etude de l’Insee sur les revenus
8 février 2010, par

L’Insee vient de publier une étude sur les inégalités de revenu entre les Dom et la France hexagonale. Selon l’étude, le revenu médian par unité de consommation des ménages des Dom est inférieur de 38 % à celui des ménages de l’hexagone. La moitié des ménages des Dom a un revenu disponible par unité de consommation [1] inférieur à 800 euros par mois (revenu médian) alors qu’en France ce revenu médian est de 1281 euros.
L’Insee nous indique que la variable utilisée pour comparer le niveau de vie entre les Dom et la France est le revenu disponible par unité de consommation c’est-à-dire le revenu dont dispose un ménage par équivalent adulte. Ce dernier ne prend pas en compte les différences de prix entre les Dom et la France. Par conséquent si l’on intègre la différence de prix l’écart est encore plus important. Selon les études et les produits, les prix sont 35 % à 62 % plus élevé à La Réunion par rapport à l’hexagone.
A coté de cela, on constate que les inégalités de revenus sont plus accentuées dans les Dom comparé à la France. Le revenu moyen des 20% les plus riches est 3,2 fois supérieur au revenu des 20% les plus pauvres. Cet écart est de 2,2 en France.
Le faible revenu des ménages dans les Dom s’explique en grande partie par le chômage. Le taux d’emploi des personnes en âge de travailler est nettement plus faible dans les Dom selon l’Insee. On constate donc que la proportion des ménages percevant des minima sociaux, des prestations familiales et de l’allocation chômage est supérieure dans les Dom par rapport à la France.
Remise à plat du modèle
Ce constat nous amène à nous interroger sur le modèle de développement. Le modèle actuel n’a-t-il pas atteint ses limites ? Il a abouti à un système très inégalitaire, avec un chômage de masse. Nous sommes au cœur des contradictions. Une remise à plat est aujourd’hui nécessaire. Comme le souligne Ary Yee Chong Tchi Kan dans son ouvrage intitulé "Réconciliation et Fraternité", « allons nous laisser perpétuer le modèle de l’arrogance et le mépris du riche vis-à-vis du plus démunis (…) la tendance à se protéger avec des systèmes de sécurité de plus en plus sophistiqués : murs, armes, alarmes vidéo, molosses, … est la marques d’une faille collective. Car plus on se barricade, plus on cultive le sentiment de peur de l’autre. Un jour, l’irréversible est au bout d’un regard, d’une futilité (…). La réalité sociale et culturelle est devenue tellement complexe et inédite qu’elle appelle d’urgence à une remise à plat total des perceptions et des rapports ».
Sanjiv Dinama
Créer deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne
La Réunion a évolué d’une société de plantation à une société de service, laissant de côté des dizaines de milliers de travailleurs. La réforme structurelle de la filière canne a ruiné 20.000 planteurs, la crise du géranium a provoqué la misère de milliers de travailleurs. Le chemin de fer était le principal mode de transport interurbain. Il a été démantelé alors qu’il était l’employeur de milliers de travailleurs.
Face à l’accroissement de la population active, les gouvernements parisiens ont d’abord tenté de régler cette question par l’émigration. Par le départ massif de jeunes Réunionnais vers les usines et les services en manque de main d’œuvre durant la fin des années 60 et les années 70 n’allait pas créer les conditions du développement nécessaires au plein emploi.
Dès 1974, le taux de chômage est supérieur à 25% selon un rapport présenté par le Conseil général. Cette pénurie d’emploi n’a jamais été résolue. Et aujourd’hui, près de 126.000 Réunionnais sont à la recherche d’un travail.
Le manque d’emploi explique en grande partie la précarité, car cela se traduit par le chômage de masse ou par l’existence de nombreux emplois à temps partiels, où le revenu tiré du travail est un SMIC partiel.
C’est une situation d’urgence sociale qui pourrait encore s’aggraver si des actions rapides et profondes ne sont pas mises en œuvre. Parmi les propositions formulées par le PCR figure notamment pour La Réunion la création de deux grands services d’intérêt public dans l’environnement et l’aide à la personne. L’objectif est de répondre rapidement à l’urgence sociale en créant des emplois durables. De même les grands projets structurants comme le Tram Train ou la MCUR vont créer des milliers d’emplois.
S.D
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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