APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
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26 décembre 2008, par

Les dirigeants des pays d’Amérique latine, réunis pour un Sommet régional au Brésil, ont appelé la semaine dernière le président élu américain Barack Obama à lever, dès qu’il entrera en fonction, l’embargo commercial en vigueur contre Cuba datant du début des années 1960. Les dirigeants de la région ont accueilli Cuba au sein du ’Groupe de Rio’, devenant ainsi le 23ème membre de ce forum politique latino-américain fondé en 1986.
Les dirigeants de 33 pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont estimé que l’application de sanctions unilatérales était « inacceptable » et déclaré que Washington devait se soumettre aux résolutions des Nations Unies qui condamnent l’embargo imposé à Cuba en 1962.
Réunis au Sommet à Costa do Sauipe, dans le Nord-Est du Brésil, les dirigeants latino-américains ont exigé d’autre part la levée immédiate des mesures prises au cours des cinq dernières années par le Président George W. Bush pour durcir l’embargo contre Cuba.
Signe de leur plus grande indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, les dirigeants de la région ont accueilli Cuba au sein du "Groupe de Rio", et le Président Raul Castro, qui a succédé en février à son frère Fidel, participe au Sommet de Costa do Sauipe. « Nous n’avons jamais obtenu l’indépendance à part entière, parce que nous n’avons jamais été autant unis que maintenant », a assuré Hugo Chavez.
Rôle plus important dans les affaires internationales
Les dirigeants latino-américains ont estimé d’autre part qu’ils devaient avoir davantage leur mot à dire dans les affaires internationales, faisant valoir que la crise économique mondiale n’était pas de leur fait, mais qu’elle sapait la stabilité de toute la région.
« Nous avons un rôle important à jouer dans l’édification d’une nouvelle architecture économique et politique internationale », a estimé l’hôte du Sommet, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. « Je suis inquiet. Chaque jour, la prime de risque de mon pays augmente et aux Etats-Unis, c’est zéro. Quelque chose ne va pas », a-t-il ajouté.
Dans une déclaration commune publiée à l’issue du Sommet, les 33 pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont demandé « au gouvernement des Etats-Unis de respecter les dispositions de dix-sept résolutions successives de l’Assemblée générale des Nations Unies et de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier qu’il maintient contre Cuba ».
Echec de la politique d’isolement menée par les Etats-Unis
Ils ont aussi demandé la fin « immédiate » des mesures prises au cours des cinq dernières années et qui ont durci l’embargo décrété en 1962 par les Etats-Unis contre l’île. Celui-ci aurait coûté, selon le gouvernement de La Havane, 93 milliards de dollars à Cuba.
Mardi dernier, Cuba avait intégré officiellement le Groupe de Rio, devenant le 23ème membre de ce forum politique latino-américain fondé en 1986.
Cette adhésion est considérée par La Havane comme une preuve de l’échec de la politique d’isolement du régime cubain menée par Washington.
Risham Badroudine
Historique de l’embargo
En réponse au rapprochement du Cuba à l’Union Soviétique, le Président John F. Kenedy a étendu les sanctions vis-à-vis de Cuba en élargissant le champ des restrictions commerciales :
- Le 3 février 1962, par l’Ordre exécutif présidentiel 3347, est mis en œuvre formellement l’embargo total du commerce entre les Etats-Unis et Cuba. Kennedy a imposé des restrictions aux voyages vers l’île.
- Le 24 mars 1962, le département du Trésor nord-américain annonce l’interdiction de l’entrée de tout produit élaboré, totalement ou partiellement, avec des produits d’origine cubaine, même d’un pays tiers.
- En juillet 1963 entre en vigueur le règlement pour le contrôle des actifs cubains qui interdit toute transaction avec Cuba et ordonne le gel des avoirs de l’Etat cubain aux États-Unis.
- En mai 1964, le département du commerce établit l’interdiction totale des embarcations d’aliments à destination de Cuba. L’embargo américain de 1962 a été renforcé en octobre 1992 (loi Torricilli), en 1996 par la loi Helms-Burton, puis en 2003 par Gorges W.bush.
De nombreuses voix dans la communauté internationale s’élèvent contre cet embargo. Ainsi, à l’Assemblée générale des Nations Unies, de nombreuses résolutions sonnant les États-Unis de cesser leur blocus de Cuba ont été votées, à une large majorité. Ces résolutions n’ont jamais été appliquées par les Etats-Unis.
Quelques résolutions votées aux Nations Unies à l’encontre des Etats-Unis
| Année | Nombre de pays pour la levée de l’embargo | Nombre pays contre la levée de l’embargo |
|---|---|---|
| 2000 | 167 | 3 |
| 2001 | 167 | 3 |
| 2002 | 179 | 3 |
| 2003 | 179 | 3 |
| 2004 | 182 | 4 |
| 2005 | 182 | 4 |
| 2006 | 182 | 4 |
| 2007 | 182 | 4 |
| 2008 | 182 | 4 |
La grande majorité des pays se sont prononcé d’année en année pour la levée de l’embargo contre Cuba.
R.B
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