Au sommet de Sao Paulo (Brésil)

Les pays du G20 s’engagent à réformer le système financier

12 novembre 2008, par Risham Badroudine

Le G20 s’est engagé dimanche à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour faire face à la crise financière et à réformer en profondeur la gouvernance économique mondiale en accordant une plus grande voix aux pays émergents. Le G20 a souligné que « la crise mondiale demande des solutions globales et un ensemble de principes communs ». Il s’est ainsi mis d’accord sur la nécessité d’une réforme profonde des institutions financières, comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale nées au lendemain de la seconde guerre mondiale. Celles-ci sont dominées par les Etats-Unis et l’Europe et ne reflètent pas le poids croissant de pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil dans l’économie mondiale.

Le président de la Banque mondiale (BM), Robert Zoellick, a affirmé hier que les pays du G20 se rapprochent d’un consensus sur la nécessité de réformer le système financier alors que les économies entrent dans « une zone de danger ».

Réformer le système financier international

Tous ces pays voyaient la nécessité d’une réponse coordonnée à la crise financière mondiale, a ajouté Robert Zoellick qui s’exprimait en marge de la réunion ministérielle du G20, qui réunit les pays les plus avancés et les grands pays émergents.
« Pratiquement aucun pays n’est épargné (...). Tous les pays s’avancent vers une zone de danger. Nous avons besoin de moderniser le système multilatéral pour que d’importants pays en développement comme le Brésil puissent faire entendre leur voix », indique le président de la Banque mondiale pour qui « Ces défis globaux demandent des solutions globales ».

Accorder une plus grande voix aux pays émergents

Le Brésil a demandé hier l’élargissement du rôle des pays émergents et en développement dans les institutions financières internationales dans le cadre d’une réforme de la gouvernance mondiale.
« On doit attribuer aux pays émergents et en développement comme le Brésil, La Chine ou l’Inde une plus grande voix, une meilleure représentation et de plus grandes responsabilités dans l’élaboration des règles et des délibérations dans le cadre des institutions financières internationales », a déclaré le gouvernement brésilien dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion ministérielle du G20.

Instaurer un nouveau système financier international

Le communiqué a affirmé qu’il était « nécessaire d’instituer un régime de Bretton Woods II », en référence aux accords de 1944 qui ont donné naissance aux grandes institutions financières : le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM).
Le Brésil demande une nouvelle fois que les dirigeants du FMI comme de la Banque Mondiale soient choisis « selon un processus ouvert et transparent, sans restriction de candidature », alors que ces postes sont traditionnellement partagés entre Américains et Européens.
Pendant ces deux jours de sommet, on a pu remarquer que les pays dits "émergents" voulaient se faire entendre.

Réforme du FMI et de la Banque Mondiale

Le G20 a ainsi affirmé que « Les économies émergentes et en développement doivent avoir une plus grande voix et représentation dans ces institutions ».
La réunion de Sao Paulo visait à préparer le sommet du G20 le 15 novembre à Washington qui doit jeter les bases d’une réforme du système financier international afin d’empêcher les crises à répétition. Le G20 concentre 85% du PIB de la planète et les deux tiers de sa population. Il rassemble sept économies avancées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), l’Union européenne et les principaux pays émergents (Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Turquie).

Risham Badroudine


La Chine annonce un plan de relance de 461 milliards d’euros

Pour pallier le ralentissement de la croissance du pays, les dirigeants chinois vont tenter de soutenir la demande intérieure sur les deux prochaines années avant d’investir dans de nouvelles infrastructures, dans le système de protection sociale, dans l’environnement, l’immobilier ou l’innovation technique.

La Chine a rendu public hier un plan de relance de son économie, menacée de ralentissement par la crise mondiale. Cette annonce a coïncidé avec les réunions préparatoires, à São Paulo, du sommet du G20 sur la réforme du système financier international, convoqué le 15 novembre à Washington.

Pékin prévoit d’investir 586 milliards de dollars (461 milliards d’euros) jusqu’à la fin 2010. Objectif : stimuler la demande intérieure et parer ainsi au ralentissement de la croissance chinoise et à la stagnation de ses exportations - principal moteur de son économie. La Chine relâchera encore modérément sa politique monétaire afin d’encourager une croissance rapide mais soutenue, en renforçant la demande intérieure, a indiqué Pékin.

R.B

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