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Clash à Copenhague : discussions suspendues
15 décembre 2009
Hier avait lieu une réunion informelle entre les chefs de délégation, les ministres déjà présents et la présidence de la Conférence de Copenhague. Les délégués des pays en voie de développement ont décidé de suspendre les négociations. Ils veulent que le Protocole de Kyoto continue à s’appliquer après 2012, et donc que les pays riches s’engagent à réduire considérablement leurs émissions.
La ligne de fracture entre les représentants de 20% de la population du monde et les autres s’est encore révélée hier à Copenhague. À 13h30, les négociations ont été suspendues. Les représentants de 80% de l’humanité voient dans les discussions informelles une tentative de la part de l’Occident de remettre en cause le Protocole de Kyoto. Ce traité international prévoit des engagements des pays riches à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, tandis que les pays en développement peuvent souscrire à des engagements sur la base du volontariat. Le Sud veut que ce traité continue après 2012, et qu’entre 2012 et 2020, l’Occident s’engage sur des seuils beaucoup plus ambitieux. Le G-77 a notamment évoqué au moins 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays riches par rapport à 1990. Mais des pays comme le Japon ou l’Australie ont réussi à stopper les négociations sur le Protocole de Kyoto, commente Oxfam.
Car, pour leur part, des pays occidentaux veulent un autre texte que le Protocole de Kyoto. Leur objectif est le suivant : ils souhaiteraient que les pays pauvres s’engagent également à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Une telle attitude renie totalement la responsabilité historique de l’Occident dans cette situation, d’une part, et d’autre part, il tente de condamner 80% de l’humanité dans le sous-développement puisqu’il est demandé aux plus pauvres de freiner leurs émissions de gaz à effet de serre. Derrière ce geste se cache manifestement la tentative de l’Occident de préserver son hégémonie car, aujourd’hui, les pays du Sud ne représentent que 20% des émissions de gaz à effet de serre, contre 80% pour l’Occident.
Révoltés par une telle attitude, les délégués des pays du Sud ont décidé de se réunir entre eux afin d’étudier une solution pour surmonter la crise déclenchée par le refus réitéré de l’Occident d’admettre sa responsabilité historique et les conséquences qu’elle implique.
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