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Université

Les personnels non enseignants unis contre la précarité

23 février 2007

36,6% du personnel technique, administratif et de bibliothèque de l’Université de la Réunion sont des contractuels ou vacataires dont l’emploi est remis en cause tous les six mois. Cela fait de l’Université de La Réunion, en dépit des efforts faits, l’une des plus mal dotée en personnel d’encadrement. Les syndicats haussent le ton.




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Mardi 27 février, les syndicats SGPEN-CGTR, SNESup, FSU-Université et SNASUB-FSU seront mobilisés devant la salle du Conseil d’administration contre ce qu’ils qualifient de “gestion kleenex” du personnel technique administratif et de bibliothèque, pour la mise en place d’un moratoire, dans l’attente d’un “Plan d’intégration et de titularisation des personnels”.
Avec 110 contractuels et une cinquantaine de vacataires, pour 276 titulaires, c’est près de 40% du personnel non enseignant de l’Université de La Réunion qui vit le stress et la précarité au jour le jour. Les syndicats ont bien interpellé François Goulard, ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche, l’an dernier ; ils sont conscients d’avoir obtenu des postes cette année, mais leur proposition d’inscrire les besoins en postes - entre 60 et 90 - dans le plan quadriennal a été, disent-ils, « rejetée globalement par le ministère ». « La volonté manifeste de ce gouvernement est de ne pas créer d’emplois », affirment les syndicalistes. « On construit 5000 m2 de bibliothèque cette année et il y a ... zéro emploi de bibliothécaire », ajoutent-ils, en décrivant une situation où le président de l’Université, en « bon gestionnaire », déshabille un service pour pouvoir en doter un autre. « Des pans entiers d’activité sont à bas et, à terme, c’est le fonctionnement même de l’Université qui est en danger », poursuivent les syndicalistes, puisque bientôt selon eux, « il va y avoir des problèmes pour les départs en vacances des titulaires ».
Devant cette situation, les syndicalistes sont exaspérés par les discours qui tendent à dire que l’Université de La Réunion serait plutôt “mieux dotée” que les autres. « La situation est complètement atypique ici : les étudiants n’ont pas la possibilité de s’inscrire dans une université voisine s’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent », exposent-ils. A La Réunion 60% des étudiants sont des “boursiers maximum” qui rencontrent pour la plupart d’immenses difficultés. Sont-elles seules en cause dans le fait que notre Université se distinguerait aussi par le nombre très élevé de tentatives de suicides - une centaine par an - et, sur ce nombre, par un nombre élevé de tentatives abouties ? « Cela montre que les étudiants sont murés dans une situation qui leur paraît sans issue, avec une charge telle sur les épaules que, s’ils ne réussissent pas à combler les attentes que les familles et la pression sociale mettent sur eux, ils craquent », explique Lionel Leduc, du SNESup. De fait, l’échec est important à l’Université : seulement 15% de réussite entre la première et la deuxième année, dû à la fois à une mauvaise orientation, mauvaise adaptation et... au manque de postes qui fait que « la continuité territoriale n’existe pas à l’Université de La Réunion et le retard reste très important ». Les syndicalistes pensent que pour beaucoup d’étudiants, il vaudrait mieux les accueillir à l’Université en licence professionnelle, après un BTS.
En tout cas, il est clair pour les personnels et leurs représentants que « c’est le ministère qui est responsable du manque de postes ». D’où la mobilisation de mardi. « Nous sommes déterminés à attirer l’attention sur le fait que ce gouvernement ne crée pas assez de postes. Nous devrions être vus comme un département de pointe. Or l’image qui est renvoyée de l’université de La Réunion est celle d’une “université de seconde zone”, où le personnel est cantonné à un rôle de protection contre l’explosion sociale », ajoutent les représentants des personnels. Et non seulement ils ne veulent plus jouer ce rôle, mais ils seraient prêts à mettre eux-mêmes le feu aux poudres.

P. David

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