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Manifestation à Saint-Denis
24 septembre 2010, par

Des milliers de personnes ont une nouvelle fois battu le pavé hier à Saint-Denis pour faire reculer le gouvernement sur sa réforme des retraites. Des manifestants moins nombreux mais tout aussi déterminés.
Décidément, la réforme des retraites proposée par le gouvernement n’a pas la cote. Après les manifestations du 24 juin, du 7 septembre, et celle plus spécifique des professionnels du BTP le 10 septembre, les syndicats ont réussi à mobiliser environ 4.500 personnes à Saint-Denis, autant à Saint-Pierre. Certes, c’est moins que le 7 septembre, mais tout de même révélateur d’un malaise social. L’intersyndicale est satisfaite de la mobilisation.
La CFTC était en tête du défilé, suivie de la CFE-CGC, de la CGTR, de l’UNEF, de l’UNEL, de FO, de la FSU, de l’UNSA, du SNUIPP, de Solidaires, du SAIPER et enfin le Front de gauche, Europe écologie et le PS. Seule députée présente aux côtés des citoyens à Saint-Denis, Hugette Bello, ainsi que quelques élus : la conseillère régionale Aline Murin-Hoareau, la maire de Sainte-Suzanne Yolande Pausé... Mais aucun sénateur en vue. Les manifestants ont ressorti leurs pancartes aux slogans percutants, souvent avec humour. “La retraite à 55 ans (au moins pour Éric Woerth)”, pouvait-on lire, “projet Sarko : régime par répartition de la misère”, ou encore “les jeunes au turbin, les vieux au jardin ». Avec l’âge légal de la retraite à 62 ans et l’âge de départ à taux plein à 67 ans, les manifestants craignent que la « retraite devienne une ligne imaginaire comme l’horizon ».
Après les députés, les sénateurs
La manifestation s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, avec deux arrêts significatifs. La première, devant la Direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle. La CGTR a demandé à ce service public de fermer ses portes par solidarité avec les travailleurs. Vœu à moitié exaucé. Après une discussion agitée avec les manifestants, la Direction a baissé un rideau. Deuxième arrêt, devant la permanence parlementaire du député René-Paul Victoria, rue de la Victoire, où les manifestants ont trouvé portes closes. Avec Didier Robert, René-Paul Victoria a en effet voté pour le projet de réforme le 15 septembre dernier à l’Assemblée nationale. « Ces députés ont voté pour l’aggravation sociale à La Réunion », analyse Ivan Hoareau (CGTR). Un vote qui a aussi laissé un goût amer du côté de la CFTC, qui qualifie ce vote de « détournement de la démocratie ». Paul Junot explique : « Nous avons rencontré René-Paul Victoria, il nous avait dit qu’il n’était pas inscrit au groupe UMP et donc qu’il disposait d’une marge de manoeuvre. Il nous a même demandé un court texte qu’il intègrerait à son discours à l’Assemblée. (…). Ces députés sont au service d’un gouvernement, de l’intérêt financier d’un système au lieu d’être au service de la population ». Les regards se tournent désormais vers les sénateurs, qui prendront position sur le projet de réforme à partir de la semaine prochaine. La CFTC a déjà pris contact avec le sénateur Jean-Paul Virapoullé.
Pour le retour du congé solidarité
Au nom de l’intersyndicale, Armand Hoareau (UNSA) a pris la parole devant la Préfecture. Il a plaidé pour la prise en compte des spécificités de l’île dans cette réforme des retraites, la mise en place d’un « congé solidarité remanié » (sorte de retraite anticipée qui permettait d’embaucher des jeunes), une table ronde pour l’activité et l’emploi, ainsi qu’un soutien pour chômeurs. L’intersyndicale n’a pas changé de discours. Elle est pour le maintien de la retraite à 60 ans. Et vue la situation économique de La Réunion, elle craint que « 67 ans devienne l’âge minimum du départ à la retraite pour la majorité d’entre nous ». « La mobilisation d’aujourd’hui a montré sa détermination, dans l’unité, contre une réforme inefficace et cynique. Les rendez-vous sociaux ne manqueront pas, il nous faudra être ensemble dans l’unité comme aujourd’hui », a conclu Armand Hoareau. Seul petit couac, un manifestant a appelé à bloquer la route du littoral en fin de mobilisation. Mais l’intersyndicale a très vite calmé le jeu.
EP
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