Lettre ouverte à mon cardiologue

26 septembre 2008

Inquiété par un essoufflement anormal, j’ai consulté mon médecin qui m’a renvoyé vers vous.
A part un peu de cholestérol, tout allait bien. Vous m’avez donc fait subir l’épreuve de vérité : le test d’effort. Et là, patatras, vous avez détecté une angine de poitrine. Sans discussion, direction l’hôpital pour une coronarographie.
Les progrès de la médecine sont tels, qu’avant la fin de l’examen, vous aviez déjà débouché la petite artère. Là, je dis bravo.
Là où ça se gâte, c’est la quantité pharamineuse de médicaments que vous m’avez prescrit, et surtout, c’est l’état de zombie dans lequel ces médicaments m’ont mis.
Alors, je me suis interrogé : ne vaudrai-t-il pas mieux être mort que d’être transformé en zombie ?
Et j’ai regardé de près cette liste de médicaments :
Ne vaut-il pas mieux adopter un régime que de prendre un médicament qui abaisse la quantité de cholestérol dans le sang ?
Pourquoi prescrire deux médicaments contre l’hypertension et l’insuffisance cardiaque à quelqu’un qui a toujours été en bonne santé de ce côté-là ?
Quand à l’antiagrégant plaquettaire, il me semble que, là aussi, un régime adapté pourrait faire l’affaire.
Reste l’aspirine pour fluidifier le sang. Pourquoi pas, mais comment expliquez-vous que dans ce cas-là, la dose est vraiment minime et a été encore réduite par un autre cardiologue ?
Ces questions sont absurdes, il faut faire confiance au spécialiste, me direz-vous. Tout à fait d’accord, à une seule condition : c’est qu’on m’explique pourquoi je vais beaucoup plus mal à la sortie qu’à l’entrée de l’hôpital.
Je me suis senti si mal que j’ai arrêté mon traitement au bout d’un mois. J’ai remplacé toutes ces cochonneries par un complément alimentaire qui contiendrait une enzyme miraculeuse qui boufferait tous les déchets qui traînent dans le corps.

Dans cette affaire, je risque ma vie, c’est vrai. Mais, pour l’instant, je me sens mieux, et ça, ça n’a pas de prix. Quand les médecins comprendront-ils que ce n’est pas uniquement une maladie qu’ils ont devant eux, mais un être humain qu’on ne peut dissocier de sa maladie ?

François Maugis


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Témoignages - 82e année


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