APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
5 août 2011

« Je n’arrive pas à croire que l’on ne trouve pas de solution » , a déclaré le secrétaire d’État au logement Benoist Apparu à propos des sans-abri laissés à la rue, dans une interview au “Parisien”, le 20 juillet dernier.
Ce même jour, l’Observatoire de la FNARS a réalisé une enquête auprès des 115 sur un échantillon de 34 départements.
Dans 2 cas sur 3, les réponses des 115 aux personnes qui les sollicitaient ont été négatives.
Les familles avec enfants ont elles aussi reçu des réponses majoritairement négatives. Première cause invoquée : l’absence de places disponibles.
Si l’on ne prend en considération que les demandes exprimées le jour même auprès des 115, nous avons enregistré un total de 1.701 demandes. Parmi ces demandes du jour, 596 demandes ont donné lieu à un hébergement, soit 35%, et 1.105 ont été laissées sans solution, soit 65%. Les 115 de l’échantillon ont donc répondu négativement 2 fois sur 3.
Le secrétaire d’État, Benoist Apparu, proclame sa volonté de remettre les plus fragiles dans le circuit du logement… et il supprime 4.500 places d’hébergement
L’hébergement d’urgence est le thermomètre de la crise du logement. Depuis plusieurs années, les clochards ne sont plus les seuls à appeler le Samu social. Familles, femmes battues, migrants travailleurs pauvres viennent grossir les rangs des demandeurs d’accueil, renvoyés de centres d’hébergement en hôtels de transit, souvent tenus par des marchands de sommeil.
C’est ce glissement infernal que l’État, qui finance à 92% le Samu social, veut enrayer. Objectif affiché par le secrétaire d’État au Logement, Benoist Apparu : remettre dans le circuit du logement des "publics fragiles, mais pas déstructurés". Le virage est brutal. Les crédits alloués à l’hébergement d’urgence sont frappés d’une baisse de 25% cette année. Sur 115.000 places disponibles en France, 4.500 places d’hôtel vont être supprimées pour être remplacées par des locations. Le ministère compte sur les "solibails", ces logements privés que des associations sous-louent. Le but : faire des économies, puisque chaque nuit d’hôtel coûte 17 euros à l’État. Benoist Apparu promet de créer 300 nouveaux solibails par mois d’ici la fin de l’année.
En attendant... Le 20 juillet, deux tiers des demandes d’hébergement n’ont pu être honorées dans 34 départements hors Paris, selon une étude de la Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion sociale pour le quotidien "La Croix". Dans la capitale, ce n’est guère mieux. La mairie va verser une subvention au Samu social pour loger une centaine de familles envoyées aux urgences. En Île-de-France, il manque 13.000 places d’accueil.
Devant cette situation, Xavier Emmanuelli, président du Samu social, a claqué la porte. Benoist Apparu a beau assurer qu’« on ouvre des locations avant de fermer des places d’hôtel », les associations s’inquiètent. « Que va-t-on faire des gens d’ici là ? », s’interroge Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL (Droit au Logement). « Avec ses calculs d’apothicaire, s’indigne-t-il, l’État condamne les gens à la rue ». Lui qui avait mis tant d’espoirs dansla loi DALO (Droit au Logement Opposable) de 2007 est déçu. 20.000 familles reconnues prioritaires au regard des critères du texte sont toujours en attente. Le 2 août, les professionnels de l’urgence sociale se sont mis en grève. Benoist Apparu admet que la transition ne se fait pas sans heurts. Mais refuse de s’alarmer : « 30.000 personnes à la rue, sur une population de 63 millions, c’est peu. Mais cela reste un drame ».
Cet article est publié dans le Nouvel Observateur daté du 4 août
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