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Andry Rajoelina répond à la désignation d’une délégation spéciale
6 février 2009

Après la nomination par le gouvernement d’une délégation spéciale pour remplacer Andry Rajoelina, ce dernier a réagi mercredi en désignant Michèle Ratsivalaka maire de la capitale. L’ancien maire et opposant à Marc Ravalomanana rappelle qu’il assume maintenant une autre charge, celle de conduire un gouvernement de transition. Un article paru hier dans ’L’Express’ de Madagascar apporte des précisions sur la situation dans cette ville de plus de 3 millions d’habitants. Nous en reproduisons ci-après de larges extraits.
Andry Rajoelina, maire d’Antananarivo, réplique à son remplacement décidé par le gouvernement. Le fondateur de l’association Tanora malaGasy Vonona (TGV) proclame Michèle Ratsivalaka, l’une de ses adjoints, comme son successeur à la tête de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA).
« Je déclare officiellement que Madame Michèle Ratsivalaka a été investie. Elle va gérer les affaires municipales de la capitale », a lancé Andry Rajoelina hier, devant le stade de Mahamasina. Il répond à la décision du gouvernement de le remplacer par un président de la Délégation spéciale (PDS).
Le fondateur de l’association TGV procède d’une manière symbolique à l’investiture de Michèle Ratsivalaka. Porté par ses partisans, il a montré à cette dernière ses deux bureaux, celui de Mahamasina et celui de Tsimbazaza.
Situation confuse
Le maire d’Antananarivo explique la désignation de Michèle Ratsivalaka comme son successeur « à la suite d’une autre charge que j’assume », a-t-il avancé. Il fait référence à sa déclaration relative à la mise en place d’une transition. L’initiative est également perçue comme une contre-attaque à la décision du pouvoir central de l’évincer de la mairie. Andry Rajoelina promet ainsi de soutenir le maire qu’il a désigné. « Demain (hier - NDLR), nous allons revenir à Mahamasina pour un nouveau sit-in, afin d’assurer la sécurité de Michèle Ratsivalaka au cas où certains tentent de l’arrêter », a-t-il avancé.
Face au forcing des deux camps pour garder la main sur la Mairie de Tana, la confusion règne. La CUA est désormais dirigée par un PDS et une maire désignés, de fait ou de droit, par les protagonistes. Ce qui risque de bloquer l’administration. Et la situation risque d’empirer avec le remplacement des chefs de fokontany (quartier) annoncé par Andry Rajoelina.
Hier, Guy Rivo Randrianarisoa, président de la délégation spéciale (PDS) désigné par le gouvernement, ne s’est présenté ni à Mahamasina, ni à Tsimbazaza. « Pour l’instant, il n’est pas urgent de se trouver dans un bureau. Je suis sur le terrain pour coordonner les actions relatives à la sécurité ou encore au développement de la ville », a-t-il indiqué.
Le PDS désigné par le gouvernement affirme pourtant qu’il « ne ferme pas la porte aux discussions ». « Je suis toujours ouvert au dialogue. Il n’y a pas de problème qui ne soit résolu par les discussions », a-t-il indiqué. Il n’a pour autant pas précisé s’il compte faire le premier pas ou non.
Un rapport suffit à mettre en place une délégation spéciale
Dans son édition d’hier, "Madagascar tribune" indique les raisons officielles qui ont été annoncées pour nommer une délégation spéciale à Antananarivo sans passer par le vote de destitution et sans attendre une décision du Conseil des ministres.
La constatation d’une mauvaise gestion de la commune, la création d’émeute et une auto-proclamation sur la place du 13 Mai. Telles sont les trois raisons évoquées par le ministre de l’Intérieur, Gervais Rakotonirina, pour désigner une délégation spéciale à la tête de la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA).
Ces explications ont été données hier (mercredi-NDLR) par le ministre, lors d’une conférence de presse tenue au ministère de la Décentralisation à Anosy. « C’est le préfet de police d’Antananarivo, Edmond Rakotomavo, qui a mentionné dans son rapport au pouvoir central une défaillance de Andry Rajoelina dans la gestion de la capitale », affirme le ministre.
Gervais Rakotonirina a encore expliqué que « le rapport du préfet de police permet au pouvoir central de ne plus recourir au vote de destitution des conseillers municipaux, ni d’attendre une décision du Conseil des ministres ».
Le ministre de l’Intérieur a tenu à préciser que le nouveau Président de la Délégation Spéciale (PDS), Guy Rivo Randrianarison, doit d’ici peu démissionner de son poste de directeur général de la Décentralisation au sein du ministère.
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