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La secrétaire générale du PS en visite dans notre île.
13 février 2010, par

La première secrétaire séjournera quatre jours dans notre île : l’occasion d’enrichir le débat dans les rangs socialistes, mais aussi de prendre connaissance des spécificités réunionnaises. En saisissant cette opportunité, la secrétaire générale du Parti socialiste pourrait renouveler l’analyse d’un courant qui méconnaît encore trop les problématiques propres à La Réunion…et pourrait éclairer les socialistes locaux.
Martine Aubry est arrivée aujourd’hui dans notre île. Il semble que la secrétaire générale du Parti socialiste (PS) accorde une certaine importante à ce séjour qui durera quatre jours et pour lequel elle est accompagnée de dignitaires éminents. Si une telle durée est conséquente pour un séjour de ce type, ces quatre journées ne seront pas de trop pour prendre connaissance de la réalité réunionnaise…
Des spécificités réunionnaises presque inconnues du PS national…
Longtemps, le PS a pour ainsi dire ignoré l’Outremer dans son identité propre.
De ce fait, depuis la nomination d’Henry Emmanuelli, les politiques appliquées à La Réunion par les différents secrétaires d’Etat à l’Outremer socialistes n’ont jamais véritablement adhéré à la réalité réunionnaise. L’action des responsables socialistes envers notre île s’est bien trop souvent résumée à des "toilettages" ou à des aménagements des politiques mises en place sous d’autres majorités. Sur un plan plus spécifiquement politique, cette méconnaissance de la situation réunionnaise a été à l’origine de certains dérapages : on se souvient ainsi de la déclaration de Paul Quilès, qui se faisait fort de « ramener le PCR au niveau du PCF ». Ces erreurs et ces errements trouvent très certainement une origine commune dans la lecture au prisme hexagonal, voire parisien des spécificités de notre pays. Au-delà des sourires qu’elle a provoqué, la déclaration de Mme Guigou, qui affirmait vouloir défendre la production de "betteraves" dans notre île recouverte de cannes à sucre n’a-t-elle pas montré à quel point persiste une perception "métropoliste" de la situation de notre île ?
Cet angle de vue n’est d’ailleurs pas propre aux instances centrales du PS : le moins que l’on puisse dire, est que la pratique des socialistes locaux n’a guère éclairé ces dernières sur la réalité réunionnaise et la nécessité d’une politique spécifique.
…et ignorées par le PS réunionnais
On se souvient ainsi de la campagne active menée en 2001 par les représentants locaux du PS contre le projet de bi-départementalisation, pourtant soutenu par une majorité socialiste qui reconnaissait la nécessité de remédier à la superposition Département-Région. On se rappelle encore le "coup de force" par lequel Jean-Claude Fruteau, alors patron des socialistes réunionnais, avait évincé Axel Urgin, secrétaire national du Parti socialiste à l’Outremer, déclenchant les critiques de Christophe Payet et de Victorin Lurel. Enfin, comment oublier les conséquences du refus d’adapter la ligne de la direction parisienne aux enjeux réunionnais lors du référendum relatif au Traité constitutionnel européen ? Les électeurs avaient alors durement sanctionné une attitude qui ne tenait aucun compte des difficultés que pose l’intégration à l’Europe d’une économie et d’une société si différentes que celles du vieux continent.
Culture d’affrontement
On peut aussi se demander quelles réflexions inspirera à Martine Aubry la tournure d’esprit particulière qui marque certains dirigeants du PS local à l’égard des grands projets de relance et de développement engagés dans notre île par la Région. Les socialistes réunionnais se sont malheureusement signalés par un refus presque constant du consensus dans ce domaine. Michel Vergoz est sans doute le meilleur porte-étendard de cette culture d’affrontement. La tête de liste socialiste aux élections du 14 mars prochain n’a-t-il pas été l’un des opposants les plus actifs à la construction de la Route des Tamarins ? Personne, là encore, n’a oublié les montées au créneau par lesquelles l’ancien maire de Sainte-Rose ironisait sur les « Tamarins amers », alors que des milliers d’automobilistes mettaient des heures pénibles à parcourir les quelques dizaines de kilomètres de la côte Ouest. Or, la Route des Tamarins est aujourd’hui plébiscitée par la population réunionnaise. Le PS aurait-il assumé la responsabilité d’un blocage croissant du trafic, et donc des mouvements d’hommes et de marchandises, si cet ouvrage n’avait pas été réalisé ? Que pensera la dirigeante socialiste de cette attitude ?
Geoffroy Géraud-Legros
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