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Crise sociale dans l’île aux parfums
5 décembre 2009
Moins d’une année après la crise qui a secoué l’Outre-mer français, l’île de Mayotte est le théâtre de vastes mouvements sociaux, qui ont tourné à la confrontation avec les forces de l’ordre.
L’augmentation annoncée du prix du passage entre la Petite-Terre et la Grande-Terre est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Derrière cette explosion, une situation d’urgence sociale extrême…qui peut se comparer à celle que connaît notre île.
Des communautés exsangues
La colère s’est exprimée face à la perspective d’une hausse du tarif d’un transport très utilisé dans la vie quotidienne avant de se répandre dans toute la Petite-Terre. L’explication tient en ces quelques mots : les Mahorais n’en peuvent plus. L’annonce d’une décision imminente du Conseil général visant à accroître les prix des transports a tout simplement été insupportable à une population pauvre, littéralement écrasée par la vie chère. Cette situation témoigne d’un blocage complet, dû à la mécanique infernale dans laquelle le désengagement de l’Etat entraîne les collectivités. Lesquelles ne sont tout simplement plus en mesure de faire face aux échéances. Face à la solidarité refusée, les collectivités sont contraintes d’assumer de manière croissante les fonctions sociales. Résultat : elles se retrouvent exsangues. Mayotte connaît aujourd’hui un déficit de 90 millions d’euros.
Une crise structurelle qui frappe aussi La Réunion
D’un point de vue réunionnais, la crise qui secoue Mayotte donne à penser. Dans notre pays, tous les indicateurs sont au rouge : la pauvreté touche 52% de la population ; 30% des Réunionnais sont victimes du chômage. Le coût de la vie est insupportable pour un nombre croissant de Réunionnais. En parallèle, les collectivités doivent affronter une baisse substantielle de leurs recettes… L’engrenage semble inexorable. Il pourrait mener à une situation sociale tragique si la solidarité nationale ne vient pas compenser ces retards structurels, facteurs d’immenses inégalités qui minent la cohésion et la paix sociale de notre île. Or, c’est précisément dans le domaine social que réside le point faible des orientations du Conseil interministériel pour l’Outre-mer (CIOM). Frappés par d’immenses déficits en matière de développement, les pays d’Outre-mer doivent aujourd’hui pouvoir bénéficier de la solidarité républicaine : il n’y aurait là que la simple application du principe d’égalité.
Geoffroy Géraud
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