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Rapport sur la « modernisation des commémorations »
15 novembre 2008
Dans un communiqué, la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise « condamne de manière ferme » les propositions du rapport Kaspi sur la « modernisation des commémorations ». Elle constate que si ces recommandations étaient suivies, la la journée de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions disparaîtrait du calendrier national.
Dans un rapport de 47 pages sur la « modernisation des commémorations », l’historien André Kaspi propose de « combattre l’inflation commémorative ». Pour atteindre cet objectif, il préconise de ne retenir que 3 dates nationales : le 11 novembre, le 8 mai, le 14 juillet. Les autres dates relèveraient alors de « commémorations locales, régionales ou privées ».
Il est évident que c’est en particulier la Loi Taubira qui est visée. Dans cette perspective, la journée de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions (10 mai) ne relèveraient plus que de mémoires privées ou locales. Ainsi, la longue histoire de la traite négrière, de l’esclavage colonial et des luttes pour leurs abolitions serait renvoyée, une fois de plus, à une histoire ultramarine et évacuée du récit national.
Ce rapport est révélateur d’une vision figée et restrictive de l’histoire nationale. Il choisit de rejeter l’histoire de l’esclavage et l’histoire coloniale dans les marges de l’histoire nationale. Il renvoie une histoire qui concerne l’ensemble de la nation à la mémoire privée des descendants d’esclaves et des ultramarins. Ce faisant, il contribue à accroître l’idée d’une hiérarchisation des Français selon leur origine, à développer les discriminations contre une certaine catégorie de Français et à renforcer les communautarismes.
La Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise condamne de manière ferme les propositions du rapport Kaspi.
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