Médias

Déclaration du Syndicat national des journalistes

Témoignages.re / 12 janvier 2015

Voici le texte de la déclaration du SNJ lue à tous les rassemblements organisés en hommage aux victimes des attentats et des prises d’otage des 7 et 8 janvier dernier en France.

Ils ont voulu tuer Charlie-Hebdo. Ils n’ont réussi qu’à le rendre universel. Le Syndicat National des Journalistes tient à exprimer la reconnaissance de la profession devant l’immense élan de solidarité qui s’est manifesté partout en France, et bien au-delà de nos frontières, dès les premières heures du drame. Solidarité de nos confrères de tous pays avec leurs syndicats et associations. Solidarité de très nombreux citoyens du monde entier. La solidarité, c’est la meilleure réponse que l’on peut apporter face à l’intolérance meurtrière.
Il y aura un après 7 janvier 2015. Nous sommes des milliers, déjà dans cet après. Nous devrons le construire tous ensemble. Surtout, gardons-nous de tout amalgame, ne tombons pas dans le piège de la haine.

Il ne faut pas oublier que 118 journalistes ou personnels des médias sont morts, en 2014 à travers le monde, dans l’exercice de leur profession. Nous n’oublions pas James Foley et Steven Sotloff. Nous n’oublions pas Camille Lepage, dont le travail de photoreporter est exposé actuellement à la bibliothèque nationale. Plus loin dans le temps, nous n’oublions pas nos confrères de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, nous n’oublions pas Guy-André Kieffer, des meurtres dont les circonstances restent à élucider. Tous ces crimes ne doivent pas rester impunis.
Nous n’oublions pas qu’aujourd’hui encore, en 2015, en France, sept confrères sont menacés de mort, pour leurs écrits. Mais ce qui s’est passé ce mercredi 7 janvier 2015 au siège de Charlie-Hebdo dépasse l’entendement. Le massacre d’une rédaction, un carnage, pour des dessins. Nos confrères, nos amis, nos camarades, sont partis avec leurs convictions.
Nous n’oublions pas les policiers tombés au champ d’honneur pour la défense de la liberté de la presse. Ils sont des héros de la République.
Nous n’oublions pas les amis tués à Charlie et les victimes de la prise d’otages. Ils sont les martyrs de la République.

Il ne faut pas avoir peur, ce serait donner raison aux assassins. La profession ne se laissera pas intimider. Les stylos et les mots seront toujours plus forts que les balles. On peut tuer des hommes, pour les faire taire, mais on ne tue pas la liberté d’expression. On ne tue pas l’impertinence. On ne tue pas l’humour, ni l’intelligence. La liberté de la presse est un des biens les plus précieux de la démocratie. Nous sommes tous Charlie, et nous espérons le rester encore très longtemps.


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