Médias

Jacques Vergès : un des premiers soutiens de Nelson Mandela et de l’ANC

Soirée spéciale sur Réunion Première

Témoignages.re / 17 août 2013

Réunion Première avait bouleversé sa grille pour diffuser une émission spéciale sur Jacques Vergès. Cette soirée était en deux temps. Tout d’abord une évocation de quelques premiers enseignements de la vie de Jacques Vergès par Rémi Boniface, avocat, et Ary Yee Chong Tchi Kan. Ensuite, la rediffusion d’un documentaire, "le Grand échiquier".



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Jacques Vergès dans son bureau à Paris, photo extraite du documentaire "le Grand échiquier".

L’annonce de la nouvelle du décès de Jacques Vergès a entraîné un changement de la programmation de Réunion Première Télévision. L’événement est tellement considérable que la chaine du service public a consacré une émission spéciale à l’heure de plus grande écoute, juste après le journal télévisé du soir.

Elle a commencé par une évocation de quelques événements de la vie de Jacques Vergès. Autour de Jean-Marc Colienne, il y avait deux invités : Me Rémy Boniface et Ary Yee Chong Tchi Kan, secrétaire général du PCR.

Me Boniface est revenu sur sa première rencontre avec Jacques et Paul Vergès, qui fut suivie rapidement d’une plaidoirie commune avec l’avocat réunionnais. Il est revenu sur un des principes pour lequel Jacques Vergès s’est toujours battu : tout accusé a droit à un avocat qui le défend en tant qu’être humain, mais qui ne défend pas les idées de l’accusé.

Jacques Vergès était aussi un avocat « hanté par le sens de l’histoire » de chaque affaire qu’il avait en charge. C’est ce qui lui donnait toute sa puissance, dit en substance Me Boniface.

Ary Yee Chong Tchi Kan a souligné les différents engagements politiques de Jacques Vergès. C’est tout d’abord sa décision, avec son frère Paul, de quitter l’île à 17 ans pour aller combattre le nazisme en Europe. À ce moment, la guerre était loin d’être finie, et l’avant-garde de l’armée allemande était sur le point de prendre Stalingrad.

Il y eut aussi la lutte aux côtés du FLN algérien. C’est à ce moment qu’il fit une rencontre décisive en 1961. Nelson Mandela et l’ANC avaient décidé de passer à la lutte armée contre le régime de l’apartheid. Le dirigeant sud-africain faisait la tournée des capitales africaines et il fit la connaissance de Jacques Vergès au Maroc. C’est alors le Réunionnais qui organisa les premiers convois d’armes et de munitions pour l’ANC.

Ce soutien, les Sud-africains ne l’ont jamais oublié. Remy Boniface rappelle qu’à sa sortie de prison au bout de 27 ans de détention, Nelson Mandela a téléphoné à Jacques Vergès. Et l’an dernier, le PCR a été invité à participer à la célébration du centenaire de l’ANC.

À La Réunion, Jacques Vergès était venu défendre Camille Sudre au moment de la saisie des émetteurs de Télé Free Dom. Il avait participé à une émission, Radio Riposte, où il avait condamné les exactions des forces de répression.

Autrement dit, ce sont beaucoup de leçons à retenir pour les Réunionnais, pour aujourd’hui et l’avenir.

L’hommage de Georges Kiejman

Me Georges Kiejman a été une des premières personnes à rendre hommage à Jacques Vergès. Voici ce qu’il a dit sur les ondes de France Info : «  C’était un homme fascinant et mystérieux qu’on ne peut pas réduire à sa fonction d’avocat. C’était aussi un homme politique, un aventurier au sens le plus noble du terme. C’est un des deux ou trois avocats extraordinaires de ma génération. Quand on parle des avocats, on a parfois tendance à ne pas comprendre qu’il y a les géants et puis les autres. Sans doute que Vergès était un géant » .


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