Médias

La gravité de la répression anti-communiste du pouvoir dans les années 60 - 70

À voir ce soir sur Réunion 1ère : "Les Muselés de la République"

LB / 2 octobre 2013

Comme "Témoignages" l’a annoncé lundi dernier, ce soir à 20 heures sera diffusé sur Réunion Première Télé un documentaire produit par Laurent Médéa, responsable de Tik-Tak Production, intitulé "Les Muselés de la République". Ce film de 52 minutes, réalisé par Fabrice Céleste, avec la participation notamment d’Anaïs Charles-Dominique, rappelle dans quelles conditions extrêmement graves a été appliquée à La Réunion l’ordonnance Debré du 15 octobre 1960. Une décision gouvernementale destinée à réprimer et à éliminer les forces démocratiques réunionnaises — surtout le P.C.R. — pour empêcher le peuple réunionnais de mettre en œuvre de façon libre et responsable un développement durable de son pays. Le public présent hier à l’avant-première de ce film a souligné à la fois sa grande qualité et son importance pour connaître notre histoire.

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Roland Robert, une des 18 victimes réunionnaises de l’ordonnance Debré, était présent hier dans la salle et a témoigné sur la violence de cette répression.
(photo A.D.)

Hier soir à Léspas Leconte de Lisle de Saint-Paul, en ouvrant la présentation de son documentaire "Les Muselés de la République", Laurent Médéa a signalé au public que l’idée de ce film lui était venue en 2005, lorsqu’il a lu dans "Témoignages" un article d’Eugène Rousse sur le décès de Joseph Quasimodo, une des 18 personnes à La Réunion victimes de l’ordonnance Debré. Et il a estimé que cette répression politique dont a été victime le peuple réunionnais pendant les années 60-70 était tellement grave qu’il fallait la faire connaître à nos compatriotes, surtout aux jeunes n’ayant pas vécu ces événements.

Le sociologue Laurent Médéa a également souligné que l’histoire politique réunionnaise n’est pas assez enseignée, qu’il y a encore trop de discriminations aujourd’hui et que la liberté d’expression des personnes en difficultés n’est toujours pas respectée. D’où ce documentaire, à la fois riche en informations et très émouvant, où plusieurs victimes de la répression et leurs proches apportent leurs témoignages et analyses.

« Une haine farouche des communistes »

Comme cela est dit dans le film, à l’époque il y avait « une haine farouche des communistes » et ceux-ci ont été victimes d’un « véritable cyclone » de la part du pouvoir néo-colonial de l’époque et de leurs complices dans notre pays. Et lors du débat qui a suivi la diffusion des "Muselés de la République", plusieurs intervenants ont félicité le producteur et les réalisateurs car « il faut faire connaître ces événements de notre Histoire où l’objectif principal des dirigeants politiques était de réduire l’influence du PCR », comme l’a dit Virgil Rustan, secrétaire de la Section communiste du Port.

Il y a eu aussi des témoignages très touchants de victimes de l’ordonnance Debré présents dans la salle, comme Roland Robert et Nelly Barret, ou d’un historien comme Eugène Rousse, qui a consacré plusieurs ouvrages à cette répression. À noter enfin l’intervention très intéressante d’Ary Yee Chong Tchi Kan, un des secrétaires généraux du PCR, qui a invité nos compatriotes à faire un lien entre l’oppression de ces années 60-70 et celle dont sont toujours victimes aujourd’hui beaucoup de Réunionnais souffrant du chômage, de la pauvreté, des inégalités sociales et autres violences. « Nous ne sommes toujours pas aujourd’hui dans un espace libre », a conclu le dirigeant du parti réunionnais de la liberté.

 L. B. 


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