Médias

La liberté de la presse dans le monde

Reporters sans Frontières

Céline Tabou / 15 février 2014

L’organisation non gouvernementale, Reporters Sans Frontières a publié son classement mondial sur la liberté de la presse en 2013. D’un côté, les pays nordiques, bon élèves et de l’autre, le « trio infernal », composé de la Corée du Nord, l’Erythrée et le Turkménistan ».

Une « configuration plus habituelle » selon RSF, après les « printemps arabes » et les mouvements de contestation dans le monde. Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, a expliqué que « Le Classement mondial publié par Reporters sans frontières ne tient pas compte directement de la nature des régimes politiques. Néanmoins, il apparaît clairement que les démocraties protègent mieux la liberté de la production et de la diffusion des informations factuelles que les pays dans lesquels les autres droits humains sont méprisés »

Erosion du modèle européen

Au sommet du classement, la Finlande, les Pays-Bas et la Norvège, trois pays qui « démontrent une nouvelle fois leur capacité à assurer et maintenir un environnement optimal pour les acteurs de l’information », a noté le rapport. Le Canada, Andorre et le Liechtenstein se placent juste derrière le trio de tête.

Globalement en Europe, la situation est acteurs de l’information est le « statu quo », où 16 pays font partie des 30 premières places du classement. En dépit de bon chiffres, RSF constate une « érosion lente d’un modèle européen confronté à ses nombreuses incohérences et à des situations inquiétantes au sein des onze autres pays membres, dont certains évoluent aujourd’hui au delà de la 80ème place » (Albanie, Monténégro, Macédoine).

Des améliorations importantes ont été constaté au Malawi , où la situation est revenue à la position occupée avant « les dérives de la fin de la présidence de Bingu wa Mutharika. La Côte d’Ivoire, après la crise post-électorale entre partisans de Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, remonte dans le classement, pour retrouver sa meilleure position depuis 2003. Grâce au printemps birman, des mesures d’ouverture ont été mises en place, permettant au pays de remontrer dans le classement. Tout comme l’Afghanistan où les journalistes ne sont pas emprisonnés.

Un trio toujours infernal

A l’inverse, le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Érythrée sont les plus répresseurs. La nomination de Kim Jong-un à la tête de la Corée du Nord n’a pas permis d’évolution de la situation, car le contrôle reste absolu sur l’information. En dépit du mouvement de contestation des militaires au sein du ministère de l’Information, l’Érythrée reste « une prison à ciel ouvert pour sa population ». « Des journalistes y meurent en détention. Malgré un discours réformiste, le régime turkmène ne cède pas un pouce de son contrôle totalitaire sur les médias », note le rapport 2013.

En Syrie a lieu une « guerre de l’information sanguinaire », où les exactions contre la liberté de l’information auront été les plus nombreuses. « Les professionnels de l’information sont pris pour cibles par les différentes parties au conflit, par l’armée régulière et par les factions d’opposition, qui s’y livrent une guerre de l’information », expliqué RSF.

La Syrie est suivi de la Somalie, l’Iran, la Chine, le Vietnam, Cuba, le Soudan et le Yémen, des derniers représentants la liste des dix pays les moins respectueux de la de liberté de la presse. « Non content d’emprisonner des journalistes et net-citoyens à tour de bras, l’Iran se distingue par d’abjectes pressions sur les familles des journalistes, sur son territoire comme à l’étranger ».

 Céline Tabou 

Entre régression et statu quo


Dans certains pays, « l’instabilité politique segmente la profession journalistique, et rend très difficile la production d’une information indépendante. Dans de tels contextes, les menaces et les agressions physiques sont fréquentes, ainsi que des purges au sein des rédactions », explique RSF. Les mouvements de contestation n’ont pas amélioré la situation des acteurs de l’informations, notamment en Tunisie, Egypte, Libye, mais aussi au Bahreïn, Yémen et à Oman.

En Asie, le Japon chute du classement. Faute au manque de transparence et un droit d’accès à l’information quasi nul sur les sujets liés de près ou de loin à Fukushima. De son côté, l’Inde est à son « pire niveau depuis 2002, en raison du climat d’impunité et d’une censure du Net qui se développe. En Chine, statu quo tandis qu’en Russie, Vladimir Poutine a serré la vis, après la mobilisation sans précédent de l’opposition. « Le pays reste également marqué par l’impunité intolérable de nombreux assassins et agresseurs de journalistes ».


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