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Les effets néfastes voire tragiques de l’anti-communisme à La Réunion

Un débat sur Réunion 1ère après la diffusion du film "Les Muselés de la République"

Témoignages.re / 3 octobre 2013

Comme "Témoignages" l’a rappelé hier, Réunion Première Télé a diffusé hier soir un documentaire produit par Laurent Médéa, responsable de Tik-Tak Production, intitulé "Les Muselés de la République". Ce film de 52 minutes, réalisé par Fabrice Céleste, avec la participation notamment d’Anaïs Charles-Dominique, rappelle dans quelles conditions extrêmement graves a été appliquée à La Réunion l’ordonnance Debré du 15 octobre 1960. Une décision gouvernementale destinée à réprimer et à éliminer les forces démocratiques réunionnaises — surtout le P.C.R. — pour empêcher le peuple réunionnais de mettre en œuvre de façon libre et responsable un développement durable de son pays. Cette diffusion a été suivie par un débat animé par Valérie Filain, auquel ont participé deux des victimes de l’ordonnance Debré (18 au lieu de 13, selon l’historien Eugène Rousse) : Roland Robert et Nelly Barret, ainsi que l’historien Frédéric Payet et Marc Gérard, ancien élu conservateur et défenseur de cette mesure répressive.

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Grâce à Réunion 1ère et aux réalisateurs de ce film, beaucoup de Réunionnaises et de Réunionnais ont pu apprendre ou connaître davantage hier soir un des aspects de la répression parfois atroce dont a été victime le peuple réunionnais dans les années 60 – 70 de la part du pouvoir néo-colonial. Dans le cadre de l’anticommunisme mis en œuvre pour empêcher le peuple réunionnais de s’exprimer librement et de faire respecter ses droits fondamentaux, ce pouvoir a notamment appliqué l’ordonnance Debré, en plus des fraudes électorales et autres formes de répressions.

La priorité pour les conservateurs était de mener une chasse par tous les moyens contre les communistes réunionnais et leurs proches, qui étaient au service de leur peuple. Et comme cela est dit dans le documentaire, la « liberté d’expression était mise en cause » dans le cadre d’« une haine farouche des communistes » et d’un « non-respect de la démocratie à La Réunion » après la fondation du PCR en 1959.

Solidarité et mobilisations

Dans le film, plusieurs victimes de l’ordonnance Debré et leurs proches comme Nelly Barret, Roland Robert, Clélie Gamaleya, Élisabeth Ponama, Alex Pota, etc. soulignent la gravité des conséquences de cette répression dont ils ont souffert. En même temps, Paul Vergès met l’accent sur le courage et la détermination de ces victimes comme de tous les démocrates solidaires de leur combat anticolonialiste.

Cette solidarité et de nombreuses mobilisations populaires — y compris des grèves de la faim — ont permis, douze ans après, la dissolution de cette ordonnance. Et dans le débat télévisé d’hier soir, Nelly Barret a eu le mérite de déclarer notamment que « la situation catastrophique de La Réunion aujourd’hui est due notamment à la politique injuste menée par Michel Debré ».

D’où la conclusion de Roland Robert, qui veut rester fidèle avec ses camarades aux combats qu’ils ont menés depuis plus de cinquante ans pour libérer leur peuple de toutes les formes d’oppressions et d’injustices, qui sont les effets néfastes voire tragiques de l’anti-communisme à La Réunion.

 L. B. 


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