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Les milliards oubliés du projet de nouvelle route du littoral

Humeur de presse

Témoignages.re / 13 juin 2014

Le projet de nouvelle route du littoral tourne-t-il à la débandade ? C’est bien l’impression se dégageant du nouveau coup de pouce du "JIR" à Didier Robert. Face à l’impasse, c’est un festival d’anomalies, c’est pourquoi nous procurons à nos lecteurs les éléments qui manquent pour transformer l’édito du "JIR" d’hier en une comparaison objective entre la route en mer et le tram-train.

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Les dépassements inévitables et la charge de la dette contractée pour payer les travaux feront exploser l’enveloppe de 1,6 milliard d’euros. Laissons donc cette route à l’état de dessin et n’allons pas plus loin.

Mardi, Didier Robert a eu droit à deux pages dans le "Journal de l’île" afin de peser sur la séance plénière de la Région organisée ce jour là. Comme tout le monde pouvait s’y attendre, il allait être question de la route du littoral. Manifestement, les deux pages de journal n’ont pas permis de déminer le terrain ou de soutenir une diversion. Lors de l’assemblée plénière, les arguments de l’Alliance ont fait mouche, et la majorité est sortie ébranlée. Il a suffi de la lecture de quelques extraits d’article parus dans la presse en France pour que les amis de Didier Robert se retrouvent sonnés dans les cordes.

Autrement dit, loin de faire prospérer dans l’opinion la croyance en une route en mer réalisée à un coût défiant toute réalité, l’assemblée plénière du Conseil régional a souligné l’impasse financière qui se profile.

Une comparaison incomplète

C’est dans ce contexte que les lecteurs du "Journal de l’île de La Réunion" ont pu découvrir ce vendredi matin un éditorial rempli d’anomalies sur le projet de nouvelle route du littoral.

Le coût avancé fait rire tout le monde : un rallonge de 200 millions d’euros par rapport à une estimation vieille de quatre ans. C’est pourtant clair, si jamais le chantier démarrait, alors le mener au bout coûterait bien plus de 1,8 milliard d’euros. 2,5 milliards est l’hypothèse basse la plus communément admise.

L’autre angle choisi est de comparer le projet pharaonique de Didier Robert avec le tram-train. Cette comparaison apparaît bien incomplète.

Reprenons donc les chiffres de notre confrère. Il annonce 1,8 milliard pour la NRL, mais n’oublions pas que ce projet est une route de 12 kilomètres. Le tram-train, c’est 1,5 milliard d’euros pour 40 kilomètres, avec des gares, des parkings et des plates-formes de correspondance et un pôle de maintenance.

Les intérêts du prêt oubliés

Sur le financement, notre confrère du "JIR" fait comme si la Région était capable de sortir du jour au lendemain un chèque correspondant au montant des travaux…

Pour financer sa part, la Région est obligée d’emprunter. Elle doit donc rembourser une somme annuelle correspondant à une fraction du capital, majorée des intérêts. Ce sont les annuités d’emprunt.

De plus, le protocole signé par Didier Robert avec François Fillon oblige la Région à prendre en charge tous les surcoûts. Si en toute logique le dépassement atteint ou dépasse un milliard d’euros, alors seule la Région devra payer et elle devra pour cela emprunter.

On se doute qu’avec un remboursement échelonné sur 30 ans, ce seront des milliards que plusieurs générations de Réunionnais devraient payer si par malheur Didier Robert pouvait mettre à exécution son funeste projet.

Alors pour préserver les intérêts des Réunionnais, arrêtons tout de suite ce gaspillage et revenons à la raison avec un projet adapté à nos besoins, à nos capacités financières et réalisable par des entreprises réunionnaises : le tram-train.

B.Q.


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