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Licenciement de 25 % des salariés au JIR : SNJ et CGC montent au créneau

La direction du journal en redressement judiciaire présente un plan de licenciements

Témoignages.re / 7 mars 2016

Le SNJ et la CFE-CGC dénoncent les décisions contenues dans le projet de PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) porté par la direction.

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Vendredi 4 mars 2016, la direction du Journal de l’île de la Réunion a convoqué un comité d’entreprise extraordinaire : il s’agissait de la première réunion d’information à destination des représentants du personnel concernant le projet de PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) porté par la direction.

La direction du JIR justifie cette restructuration en invoquant une baisse du chiffre d’affaires, une situation de crise du marché de la presse écrite en général et une chute des recettes publicitaires.

La direction a annoncé la suppression de 41 postes maximum sur un effectif de 159 salariés. Tous les services de l’entreprise sont concernés à l’exception de la direction et du service des ressources humaines : comptabilité, pré-presse, publicité, petites annonces, rédaction, distribution, informatique et services généraux. Un plan de départs volontaires sera ouvert dans la limite des postes concernés par ce PSE.

S’ils ne contestent pas la nécessité de ce PSE, les représentants SNJ et CFE-CGC du personnel s’insurgent contre plusieurs points de ce document :

– Les postes supprimés sont occupés principalement par des salariés sans fonction d’encadrement, seul un poste de direction (logistique) est visé.

– De nombreuses suppressions de postes (petites annonces, au service commercial et à la comptabilité) sont en contradiction avec les priorités avancées par la direction ces derniers mois, à savoir l’augmentation du chiffre d’affaires et le recouvrement des factures.

– Les conséquences des suppressions de postes (surcharge de travail, risques psycho- sociaux...) ne sont pas évaluées.

– Un poste de « directeur de la stratégie » apparaît soudainement dans l’organigramme : ce poste regroupe les tâches de trois postes supprimés ce qui est insensé. Il exige du titulaire des compétences et une disponibilité nettement supérieure à celle d’un emploi à temps complet.

– Les mesures d’accompagnement proposées sont quasi-inexistantes.

– En privilégiant les qualités professionnelles dans les critères de licenciement, l’employeur met à bas l’esprit protecteur et objectif voulu par le code du travail. C’est d’autant plus intolérable qu’aucun entretien annuel n’a jamais eu lieu dans l’entreprise malgré les demandes répétées des élus du CE. Comment oser faire croire dans ce cas que la notation sera objective pour l’ensemble du personnel ?

– La rédaction paye un lourd tribut : elle supporte 1/4 des suppressions de postes ! La direction entend compenser ces pertes d’effectifs en faisant appel à du contenu rédactionnel national au détriment de l’information locale.

– La direction veut supprimer l’unique poste de journaliste-dessinateur de l’île qui fait partie intégrante de l’identité du Journal de l’île de la Réunion depuis une quinzaine d’années. Comment la direction peut espérer différencier notre titre des autres journaux en privant le JIR de l’une de ses plumes les plus colorées ?


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