Médias

Quand cessera ce trouble à l’ordre public ?

La manœuvre lancée sur les ondes de Radio Festival continue

Manuel Marchal / 3 septembre 2011

Radio Festival a voulu troubler l’ordre public en diffusant une fausse nouvelle sur Paul Vergès. Le comportement de la rédaction de cette radio depuis la révélation de ce scandale confirme bien une intention malveillante. Il y a une manœuvre, elle a des commanditaires. Qui sont-ils ?

Mercredi matin, Radio Festival annonce l’hospitalisation de Paul Vergès, qualifiée de séisme politique. Le président de l’Alliance est en effet en tête de la liste l’Union pour la défense des Réunionnaises et Réunionnais aux sénatoriales. Et sur la base de la configuration des grands électeurs, sa liste pourra avoir deux sénateurs le 25 septembre : Paul Vergès et Gélita Hoarau.
Dans l’après-midi, Paul Vergès et ses colistiers tiennent une conférence de presse pour apporter un cinglant démenti. Une heure après cette rencontre avec les journalistes, la rédaction de Radio Festival fait enfin des excuses sur ses ondes. Mais peu après, un communiqué diffusé sur le site de cette radio finissait par confirmer la thèse de la malveillance.

Le démenti censuré

Plusieurs faits démontrent en effet que le coup porté mercredi contre Paul Vergès n’a pas simplement pour objectif de faire de l’audience en créant le scandale. C’est une machination avec des commanditaires. Son but est de troubler l’ordre public à la veille d’une échéance électorale importante.
Le premier élément démontrant la machination tient dans les choix opérés par les responsables de la ligne éditoriale de Radio Festival. Il est dit que les journalistes ont appelé des membres du Parti communiste réunionnais pour vérifier si leur "source" disait vrai. Ils ont eu un contact avec Gélita Hoarau, sénatrice. La colistière de Paul Vergès a ensuite rappelé Radio Festival pour démentir catégoriquement l’information véhiculée par "la source".
La rédaction de Radio Festival a décidé de ne pas tenir compte du démenti, et a même décidé de ne pas en parler dans son communiqué. Cette censure, c’est un choix politique.

Des coups de force

Dans le camp des ultra-conservateurs, l’élection de Paul Vergès et Gélita Hoarau est en effet le pire des scénarios. Comment alors peser sur les grands électeurs ? Il s’avère que la dernière cartouche, c’est de tenter un coup de force. Les Réunionnais se souviennent des coups de force survenus avant d’importantes échéances.
Il y eut notamment le blocus de la Région par des camionneurs le jour de l’inauguration de la Route des Tamarins, l’occupation du Conseil général menée par la future vice-présidente UMP de la Région, la déclaration mensongère d’un ministre à un meeting de l’UMP à une semaine des régionales, la distribution d’emplois verts à des associations nouvellement créées dans des cantons renouvelables à trois mois des cantonales…
Ce furent autant de troubles à l’ordre public qui visaient à entacher la sincérité du scrutin afin de favoriser les adversaires de l’Alliance.

La volonté de nuire

Pareils procédés ne peuvent être utilisés pour influencer les grands électeurs. Alors pour les adversaires de l’Union pour la défense des Réunionnaises et des Réunionnais, le coup du désespoir c’est de créer un trouble à l’ordre public d’un autre type, afin de discréditer la tête de liste Paul Vergès. C’est une véritable volonté de nuire, l’information n’a rien à voir avec cela. C’est là où se situe un autre choix des responsables de la ligne éditoriale de Radio Festival.
Il est révélateur que pris la main dans le sac, la rédaction de Radio Festival a continué à évoquer cette fausse nouvelle. Il y eut d’abord le communiqué de justification, puis l’insistance.
Les choses sont pourtant bien claires. Un média annonce une fausse information qui est un trouble à l’ordre public. Dans une démocratie, un tel trouble ne doit pas persister.

M.M.


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