Médias

Rassembler pour sauver KOI

Geoffroy Géraud-Legros / 3 novembre 2010

Nathalie Legros, ancienne journaliste, écrivain et militante culturelle, a proposé hier sur les ondes d’"Alon Kozé" une formule qui, dans l’urgence, pourrait donner une nouvelle chance à radio KOI : une association large entre des acteurs collectifs (syndicats, communes, associations, groupements) et des auditeurs.

« Émue moi-même, j’ai voulu répondre à l’émotion dont font part les auditeurs depuis l’annonce de la fermeture de KOI. D’abord, il faut sauver les emplois des animateurs, qui font vivre la radio depuis le départ ». Ce média a une histoire riche, a rappelé Nathalie Legros, « c’est l’une des plus anciennes radios libres de La Réunion, apparue d’abord sous le nom de Radio-Koray. Celle-ci s’accompagnait d’une agence de presse, nommée Koray elle aussi. Le but : donner une information différente des médias officiels ».

Un média historique

Agence de presse, radio… ces médias ont vu passer beaucoup de jeunes journalistes : « Jean-Régis Ramassamy, Jean-Yves Eck, Jean-Michel Fontaine, Georges Lazar, Gisèle Adois, Daniel Bénard, Patrick Smith, etc. Mais aussi des animateurs comme Ayoub Kan, Claude Montané, Johnny Lérivain, José Macarty, Marie-Noelle Le Nivet, Jacky Chane Ethéocle, Camille Dieudionné, Guy Ethève… et j’en oublie ». Koray, puis KOI, c’est aussi, rappelle-t-elle, la priorité donnée à la culture réunionnaise. « Cette radio a donné les premiers journaux d’information en Créole ! Aujourd’hui, beaucoup d’autres le font. Mais Radio Koray a été la première. Ce qui demeure unique, c’est "Alon kozé". Souvent imité, mais jamais égalé. Un auditeur a appelé tout à l’heure, pour dire quel bol d’air était pour lui cette émission. Et pour regretter qu’elle ne passe pas le samedi ! ». C’est cet élan, dit-elle qui « peut faire espérer, dans notre démarche pour sauver la radio ». « Une vague de réaction déferle sur les ondes de radio KOI. Cela montre que cette radio a un auditoire large, et populaire. Dans l’esprit des auditeurs, il n’est ni acceptable, ni possible que ce média meure ».

Nouveau modèle

Et cela, nécessairement, appelle à s’organiser. Une organisation nécessaire du côté des auditeurs, proposée par plusieurs d’entre eux. Mais dans l’urgence, a rappelé Nathalie Legros, c’est l’engagement des acteurs institutionnels qui est décisif. « Pour sauver KOI, il y faut une nouvelle dynamique. Une dynamique communautaire, qui associe des acteurs collectifs : des syndicats, des associations, des groupements divers, des communes. Le but est de leur permettre de s’exprimer, d’avoir leur plage horaire, de faire entendre leur voix, par l’acquisition de temps d’antenne. Formule à laquelle, bien entendu, les auditeurs sont associés d’un bout à l’autre. La formule proposée est d’instituer une « société des amis de Kanal océan Indien ». Une formule que Nathalie Legros décrit comme « la plus ouverte possible »… rappelant « qu’il y a urgence ». En effet : le bailleur d’ondes, TDF, a accepté de prolonger les émissions jusqu’au 10 novembre. De nombreux contacts ont été pris, des pistes avancées. Il faut maintenant aller de l’avant et se rassembler… non seulement pour prolonger une expérience unique, mais aussi, pour débuter une nouvelle aventure.

G.G.-L


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