Médias

Une presse instrumentalisée contre le verdict du suffrage universel

Roland Robert relaxé : pourquoi une telle discrétion chez deux confrères ?

Manuel Marchal / 4 septembre 2010

Les procès en première instance et en Appel de Roland Robert ont donné lieu à un traitement totalement différent de la part du "Journal de l’île" et du "Quotidien". Alors que le verdict de la Cour d’appel est définitif sur le fond, beaucoup moins de place ne lui est accordé que pour le procès en correctionnelle. Pourquoi donc le verdict de la Cour d’appel est-il l’événement le moins mis en valeur de toute la procédure alors que c’est la décision qui établit le jugement final ?
Nul doute que cette différence de traitement est liée à la relaxe de Roland Robert et de toutes les personnes impliquées par une lettre anonyme utilisée par des opposants politiques battus à chaque élection. Manifestement, les inspirateurs du "JIR" et du "Quotidien" adoptent une ligne éditoriale qui ne peut éviter de démontrer qu’ils sont déçus par le verdict de la Cour d’appel. Pourtant, cette décision de justice confirme le verdict des urnes et inflige un camouflet à tous ceux qui ne reconnaissent pas au peuple réunionnais le droit de choisir ses élus au suffrage universel.

 M.M. 

Procès en première instance

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La "une" du "Quotidien" du 9 septembre 2009.
Après la première audience devant le Tribunal, "le Quotidien" choisit le procès en correctionnelle de Roland Robert comme sujet principal et renvoie vers deux pages. Il estime d’ailleurs que les réquisitions du ministère public n’ont pas été assez sévères à son goût.

Après le verdict de la Cour d’appel

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La "une" du "Quotidien" du 3 septembre 2010.
Première surprise, aucune mention du procès en appel de Roland Robert en "une" ? Le "JIR" et le "Quotidien" se seraient-ils passé le mot ?

Procès en première instance

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Pages 2 et 3 du "Quotidien" du 9 septembre 2009.
Le procès en première instance de Roland Robert est le Fait du jour pour "le Quotidien" qui double la mise par rapport au "JIR" : 2 pleines pages. Autant dire que les lecteurs du "Quotidien" s’attendaient à une large couverture du procès en appel de Roland Robert, car c’est là qu’est dit le verdict final sur le fond.
Après le verdict de la Cour d’appel

Après le verdict de la Cour d’appel

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Pages 4 et 5 du "Quotidien" du 3 septembre 2010.
Il faut alors tourner plusieurs pages pour trouver trace d’un compte-rendu du procès en appel de Roland Robert. Mais au lieu de deux pages, ce n’est plus qu’un quart de page noyé dans un flot de faits-divers.
Les lecteurs de notre confrère ne manquent d’ailleurs pas de relever un rapprochement malheureux (et involontaire ?) entre le titre "Roland Robert obtient la relaxe en appel", et l’intertitre "Attribuée pour 12.000 euros". Non content d’accorder huit fois moins de surface au verdict de la Cour d’appel par rapport à celui de première instance, les inspirateurs du "Quotidien" veulent-ils montrer à l’opinion qu’ils n’ont pas fini de s’acharner sur Roland Robert ?

Procès en première instance

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La "une" du "JIR" du mardi 8 septembre 2009.
Le jour du procès en première instance de Roland Robert, le "Journal de l’île" en fait le sujet principal de son édition, avec gros titre photo et renvoi en page 4.

Après le verdict de la Cour d’appel

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La "une" du "JIR" du vendredi 3 septembre 2010.
Au lendemain du procès en appel de Roland Robert, cette actualité ne mérite pas la "une" de notre confrère. Il va donc falloir aller à la pêche aux infos…

Procès en première instance

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La page 4 du "JIR" du mardi 8 septembre 2009.
C’est une page entière que le "JIR" consacre à ce procès avec cette expression "le retour" qui en dit long, et qui est illustrée par une photo datant de 2004.
Après le verdict de la Cour d’appel

Après le verdict de la Cour d’appel

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Page 8 du "JIR" du vendredi 3 septembre 2010.
… il faut donc aller jusqu’en page 8 pour trouver un article avec un titre très sobre. Mais la surface consacrée au verdict du procès en appel est trois fois plus petite que le traitement réservé à la présentation du procès en première instance. Pourtant, c’est la décision de la Cour d’appel qui est décisive, et non pas celle du premier procès… d’où vient donc cette différence de traitement ?


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